Matt. 2626 et Marc 142? : Todré éariv rd cüux pou
1 Cor. 1124 : Toëré god écriy To cœua ro Ürèp buüv (var. x}wuevoy ou 6punTôpeEvoy).
Luc. 2219 : Toÿté £onv rù cou4 uou +0 ünèo DuGv OLÈ6UEVOV
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clair que cette manière de parler elliptique réclame un complément et nous ne pouvons hésiter qu'entre donné ou immolé, selon que nous y voyons ou non une allusion au sacrifice du Calvaire. — 2. Dans la consécration du calice, le rapport des deux écrivains est tout aussi étroit. Les paroles de l'institution sont rapportées ainsi : « Ce calice est la nouvelle alliance dans mon sang! »; seulement saint Luc ajoute : « qui est versé pour vous ». Cette addition était déjà virtuellement contenue dans « le sang de l'alliance », lequel en soi et en vertu de l’allusion formelle à la conclusion de l’ancienne alliance ne peut être que le sang du sacrifice répandu en faveur de ceux dont il scelle le pacte de réconciliation. — 3. Plus légère encore est la dernière divergence. À chacune des deux formules Paul adjoint le précepte : « Faites ceci en mémoire de moi »; Luc l’ômet la seconde fois comme superflu, les deux parties du rite sacramentel étant inséparables.
Il est incontestable que chez l’un et l’autre la consécration du calice offre une certaine difficulté. Dans la formule : « Ce calice est la nouvelle alliance dans mon sang », avec ou sans l'addition « qui est répandu pour vous », l'obscurité ne tient nullement à la métonymie si usuelle qui prend le calice pour son contenu; elle vient d'une figure de langage moins courante, qui consiste à prendre la cause pour l'effet ou réciproquement, l'alliance conclue dans le sang pour le sang qui scelle l'alliance. Cependant si l'on tient compte du parallélisme avec la première consécration « Ceci est mon corps » qui semble exiger comme pendant « Ceci est mon sang », si l'on se reporte aux paroles de l'Exode rappelées dans la formule, si enfin l'on réfléchit que, dans tout ce contexte, saint Paul emploie indifféremment les locutions « boire le calice » et
1. Matt. 2678; Marc. 1424 : Toùto ydp éoruv vd atu& pou the Gabrens Td mepi moAGY éyyuvéuevov [Marc omet yäp et remplace wep par Ünép; Matthieu ajoute à la fin els äpeoty duapnüv; beaucoup de manuscrits des deux ajoutent xatvñs avant Gtabñxnç]. — 1 Cor. 1125, Luc 2220 : Toùro vd TOTAPLOV h ouvh dtalun ÉoTiv év Tr Eu tua. [Luc omet le verbe et ajoute à la fin To Ünèp ÜuGv éyyvvéuevoy]. Les deux formules font clairement allusion à Ne É 3 ?Idoù vo aipa Tic Gtafnenc, fc duédeto 6 Küptos mpès dus (Cf.
eb. 922,
« boire le sang du Seigneur » comme absolument synonymes, on n'hésitera pas à conclure que la nouvelle alliance dans le sang équivaut au sang de la nouvelle alliance, Dans cette expression complexe, Paul et Luc mettent en relief l'effet, l’alliance; tandis que Marc et Matthieu mettent en saillie la cause, le sang. On ne comprendrait donc pas que saint Thomas jugeât la formule paulinienne insuflisante, si — chose étrange — il ne soutenait que celle des deux premiers synoptiques l'est également : d'où il suivrait qu'aucun des quatre écrivains sacrés ne nous aurait transmis, même en substance, la vraie formule de la consécration, et que les églises orientales n’auraient jamais eu de vrai sacrifice.
Les allusions au sacrifice, dans les diverses formules de consécration, se rapportent-elles au sacrifice de la croix ou au sacrifice de l'autel? I1 faudrait accepter sans doute la première alternative si le futur éradetur de la Vulgate rendait exactement le texte. Mais ce mot ou répond à un participe présent (xAwmevov, 6purrôuevoy) où plus probablement ne répond à rien du tout, la meilleure leçon paraissant être : « Ceci est mon corps, lequel [est] pour vous. » Cette impression se confirme quand on rapproche de la formule de Paul celle de Luc : « Ceci est mon corps qui est donné pour vous », avec un participe présent qui indique la simultanéité du don. Même phénomène pour la consécration du calice. Saint Paul n’ajoute rien à la mention du sang de la nouvelle alliance, mais l'addition des trois Synoptiques a son verbe au présent et non pas au futur : « qui est répandu pour vous, qui est répandu pour plusieurs pour la rémission des péchés ». On peut dire, il est vrai, que l'immolation du Calvaire étant si rapprochée il est permis de la traiter comme présente. Néanmoins cétte exégèse a quelque chose de forcé et de peu satisfaisant. Si on la rejette, il faudra admettre que les allusions au sacrifice visent directement le sacrifice de l’autel et non celui de la croix.
Ce n'est pas ici le lieu de montrer comment ce passage prouve invinciblement la présence réelle de J ésus-Christ dans l'eucharistie, ni d'examiner si les paroles de Paul autorisent l'usage de la communion sous une seule espèce. Mais il est
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un point qui mérite réflexion. L’Apôtre affirme que « quiconque mange ce pain et boit le calice du Seigneur indignenent est coupable du corps et du sang du Seigneur »; que « celui qui mange et boit éndignement hoit et mange sa propre condamnation, ne discernant pas le corps du Seigneur ». Il ajoute que par suite de ce traitement indigne du corps du Seigneur ou de ce »#7anque de discernement, les Corinthiens sont affligés de maladies nombreuses et ont à déplorer des morts fréquentes; que ce sont là des avertissements paternels qu'ils pourraient éviter en se jugeant eux-mêmes avec plus de rigueur. Or il n’a blâmé que les abus plus ou moins graves relatifs à la célébration de l’agape et il ne donne pas d'autre ordre que celui de prendre ce repas liturgique ensemble et avec décence. Il est donc fort probable que par le mot « indignement » il entend non seulement les dispositions mauvaises mais aussi les irrévérences et le défaut de bonne préparation. Les châtiments sévères infligés aux Corinthiens pourraient faire croire qu'il est nécessairement question de dispositions plus criminelles, mais on observera que Paul ne leur donne pas le nom de châtiments; il les appelle des leçons ayant pour objectif la correction et le salut des fidèles. Si une conduite inconsidérée et un manque de respect envers l'eucharistie sont punis de la sorte, quel supplice ne méritera pas la communion vraiment sacrilège!