‹ La théologie de Saint PaulChapitre 83 sur 630 · mévra edoynpoves xa xaT THELV · texte numérisé non relu

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LES CHARISMES. 179

l'un des moindres, car il a besoin d’être complété par le don d'interprétation. Le glossolale n'est pas compris des autres et, régulièrement, ne se comprend pas lui-même : son esprit (rveüpx) s’édifie, mais son entendement (voïs) est à jeun. Ce n’est pas sans ironie que Paul le compare à un instrument de musique jouant un air inconnu dont personne ne perçoit le sens : l’un et l’autre ébranlent l'air et le font vibrer en vain. Non pas qu'il faille mépriser le don de Dieu, ni l'empêcher de se produire; mais il convient d'estimer les charismes au prorata de leur utilité. À ce compte, après le don d’apostolat qui n’est pas pour les communautés déjà établies, la prophétie tient le premier rang. Cependant il y a quelque chose de bien supérieur aux charismes, faveurs gratuites que Dieu distribue à son gré et dont la privation ne nous Ôte rien à ses yeux : ce sont les vertus surnaturelles, parce qu’elles restent dans l'âme tant qu'y réside la grâce sanctifiante, et par-dessus tout le trio des vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité. Tel est le but par excellence que Paul désigne à l'ambition des parfaits, et ce nom de charité lui inspire une page d'une beauté pénétrante et presque lyrique.

L'objet spécial des divers charismes demeure obscur, mais un caractère commun et essentiel c’est leur instabilité et leur dépendance absolue du bon plaisir de Dieu. Cela ne permet pas de les confondre soit avec les autres « fruits de l'Esprit », soit avec les fonctions ordinaires de la hiérarchie sacrée. Sans doute, à l'origine, les dignitaires ecclésiastiques furent souvent choisis parmi les possesseurs de charismes. Le charisme disposait à la fonction, mais il n'y était pas nécessaire, la grâce d'état qui prend elle-même parfois le nom de charisme pouvant le suppléer. Enfin si tous les charismes étaient surnaturels, en tant que fruits de l'Esprit, il ne semble pas nécessaire qu'ils fussent tous miraculeux et l’on ne voit pas que l'Apôtre n’ait pas pu quelquefois appeler charisme une aptitude naturelle surnaturalisée.

NOTE H. — LES CHARISMES

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