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LA GLOSSOLALIE

Ce charisme extraordinaire à chez Paul des expressions très diverses : Yhüoca (1 Cor. 1210; 138; 1422), yévn ywco@v (1210-28), jouhetv Yaocon (142-4- 1327) ou ylwooatç (1230; 131; 145-6-18-28-39), V)Gooav Éyerv (1423), Axdeïv )6you: ëv yhocon (141%), rpocebyeshat yAwoon (1414). Comparer 1 Cor. 142-15-16, où Yhoooy est remplacé par t@ nvebuarr, et tenir compte du don correspondant d'interprétation : Epunveiæ (1210), Guepumvebeuv (1250; 145-18-27), Gepunveuthç (1428). Le passage 1 Cor. 14° est aussi à considérer.

L'explication que nous avons suivie est celle de tous les Pères, des commentateurs catholiques en général et d’un grand nombre de théologiens protestants. Seule, elle évite de faire violence aux textes. Il faut en effet : 1. Que la glossolalie soit un langage articulé, intelligible, puisque c'est une prière, un psaume, une bénédiction, une action de grâces (1 Cor 1414-16). — 2. Qu'elle ait un sens suivi, puisqu'elle exprime des concepts (L Cor. 1419 : Aéyous ëv ylüoon dadñoo. Cf. 14) et qu’elle est susceptible d'interprétation (1 Cor. 1427, etc.). — 3. Qu'elle soit enfin une langue comparable aux langues barbares (1 Cor. 1421, etc.) et aux moyens dont disposent les hommes et les anges pour communiquer leurs pensées (1 Cor. 131).

Beaucoup de protestants modernes — et tous les rationalistes, naturellement — déclarent cette explication inacceptable parce qu’elle suppose un miracle et qu’il est psychologiquement impossible de parler une langue qu’on n’a pas apprise. Ils se rejettent donc sur l’une ou l’autre des deux hypothèses suivantes.

1. Tdoox signifierait l'organe de la parol « — La glossolalie aurait donc consisté en sons inarticulés produits Par les vibrations de la langue, pareils au bégaiement des enfants (Meyer, Eichhorn, Holsten, Baur, Neander, Steudel, de Wette, Zeller, Ewald, Hilgenfeld, etc.). Cependant, pour avoir quelque chose où le charisme d'interprétation puisse s'exercer, la plupart de ces auteurs admettent dans la glossolalie des soupirs et même quelques mots sans suite : « Quelques sons bizarres que prononçaient les glossolales, et où se mêlaient le grec, le syriaque, les mots anathema, maran atha…. embarrassaient fort les simples gens (Renan, Saint Paul, p. 409; cf. p. 412 : bégaiements inarticulés). »

2. Dwosa signifierait locution obscure. — Le mot Y\üoca était en effet quelquefois pris au sens d'expression archaïque, étrangère, inusitée, et partant obscure, inintelligible pour le vulgaire. Le glossolale aurait parlé une espèce d’argot ou une langue énigmatique comme celle de la pythie de Delphes, comme l’Alexandra de Lycophron. Telle est l'opinion soutenue par Bleek, par Heinrici, par Schürer.

Voir sur ces divers systèmes Heinrici, Der erste Brief an die Korinther 8, 1896, p. 371-382. On trouvera la bibliographie protestante des charismes et surtout de la glossolalie dans Th. Simon, Die Psychologie des Ap. Paulus, Gœttingue, 1897, p. 114-115.

Il existe sur le sujet une bonne monographie d’Englmann (cathol.), Von den Charismen, etc. Ratisbonne, 1848, précieuse surtout par les données qu'elle rassemble et les très nombreuses citations de Pères qui du reste n’éclairent pas beaucoup la nature des charismes. On peut consulter encore les articles du Kirchenlexicon? et du Lexicon biblicum, Paris, 1905, ainsi que le commentaire de Cornely.

Certitude de la résurrection. — Le dogme de la résurrection du Christ et par conséquent de la nôtre est, nul ne l'ignore, un des pivots de la théologie de saint Paul. C'était aussi le plus difficile à inculquer aux païens. L'Apôtre l’apprit à ses dépens lorsque, du sein de l’Aréopage, il entendit des rires bruyants s'élever au seul nom de résurrection! et lorsque, exposant devant Festus la même vérité, le procurateur Jui dit brutalement : « Paul, tu radotes; trop de science te trouble le sens?. » Il n’est donc pas extraordinaire que quelques doutes isolés se soient produits à cet égard dans la chrétienté de Corinthe recrutée presque entièrement dans les rangs des Gentils. Quelques-uns disaient : « Il n'y a pas de résurrection des morts5. » Ils n’allaient pas sans doute jusqu'à en contester la possibilité absolue; ils se bornaient à nier le fait. Cependant ils daignaient faire exception en faveur de Jésus- Christ, exception unique légitimée par la dignité suréminente du Fils de Dieu, et ils se croyaient peut-être en règle avec l'enseignement del’Apôtre en entendant la résurrection prêchée par lui de la régénération baptismale qui est une sorte de résurrection spirituelle.

Aux yeux de Paul, nier notre propre résurrection c’est nier la résurrection du Christ; car l’une est le corollaire de l’autre ou, pour mieux dire, l’une est impossible sans l'autre. Pour être logique, il faut ou les admettre toutes les deux ou les repousser à la fois. Mais, si le Christ n'est pas ressuscité, le christianisme n’est que mensonge. Vaine est la prédication des Apôtres qui fondent sur ce fragile appui tout leur évangile ; vaine est la foi des fidèles puisqu'elle repose sur cette base uineuse; les messagers de la bonne nouvelle ne sont que de faux témoins imputant calomnieusement à Dieu un miracle qu'il n’a pas fait. Et quelles conséquences pour les chrétiens!

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