Cor. 1550-84 : éfnproudynoa êv "Evpécw
qu'il suffit que l'âme survive. Mais outre qu'en fait, dans la providence actuelle, le bonheur éternel de l’âme et celui du corps sont indissolublement unis, une béatitude incomplète qui aurait pour objet une partie seule du composé humain, ne satisfait pas nos aspirations. D'ailleurs ceux qui rejettent la résurrection du corps sont bien près de nier l’immortalité de l'âme. Aussi saint Paul, comme le Sauveur lui-même, réfutet-il par les mêmes arguments cette double erreur.
Gloire des ressuscités. — Si la résurrection répond à nos aspirations les plus intimes, le mode dont elle s’accomplira déconcerte notre imagination. Nous n'avons aucune idée d'un corps organique éternellement incorruptible. Nous ne concevons pas la vie sensible sans changement, ni le changement sans altération. Quand la mort a semé aux quatre vents du ciel cette poignée de poussière qui fut notre corps, où retrouver ces atomes épars engagés en mille combinaisons nouvelles et comment les empêcher de se disperser encore? Telle est l’objection que Paul prévoit et résout d'avance : « Comment les morts ressuscitent-ils et dans quel corps viennentils? » Il est évident que notre corps doit subir une transformation profonde, il doit revêtir la forme du Christ qui « transfigurera le corps de notre humiliation », notre corps dans l'état de misère et d'épreuve, « pour le rendre conforme au corps de sa gloire? », c'est-à-dire à son corps glorifié : transfiguration, si l'on considère que la personnalité sera élevée et ennoblie sans être détruite; transformation, eu égard à la nouvelle forme surnaturelle du corps ressuscité. L’Apôtre explique cette transformation ou cette transfiguration par l'exemple du germe. Le germe est doué d’une vie latente qui ne se manifeste que par la mort et la corruption; il se transfigure en périssant et sa vie se transforme en une vie plus noble suivant une loi de proportion établie par Dieu. « Ainsi en est-il de la résurrection des morts. » Le corps du juste
1. 1555 : IIGç éyelpovrat ol vexpoi; moiw S cœpart épyovru; Nous pensons que r& contient la question générale sur le mode de la résurrection et now copart la question spéciale sur la qualité des corps ressuscités.
2, Phil, 321, — 3, 1 Cor. 15#.
habité par le Saint-Esprit contient un germe de vie surnaturelle, et la transformation commune à tous les saints n'exclut nullement les différences de gloire individuelle proportionnées à la nature et à l'énergie du principe vital. Les plantes dif-
fèrent de perfection et les astres diffèrent d'éclat. Quoi d’é-
tonnant qu'il en soit de même pour les élus ?
Saint Paul enseigne expressément que notre corps dans l'état d'humiliation et dans l'état de gloire reste identique à lui-même; il affirme que « ce corps corruptible doit revêtir l'incorruption et ce corps mortel, l'immortalité ! ». Il ne faut donc pas abuser de la comparaison du germe pour soutenir un changement substantiel qui équivaudrait à la production d’un autre individu. L'Apôtre ne décide point si la graine et la plante ont ou n’ont pas le même principe vital; ces questions biologiques l'intéressent peu; son rapprochement ne porte que sur la continuation de la vie à travers la mort, et ilsait que la force qui transfigurera et transformera notre corps jusqu’à le rendre conforme au corps glorifié de Jésus-Christ est toujours la même, nonobstant la diversité de ses effets et de ses manifestations : c’est le [vedue divin.
Si profond qu'il soit, le renouvellement de notre être ne va pas jusqu’à la création d’une personnalité nouvelle. Le corps «est semé dans la corruption, il ressuscite dans l'incorruption ; il est semé dans l’ignominie, il ressuscite dans la gloire; il est semé dans la faiblesse, il ressuscite dans la force: il est semé corps psychique, il ressuscite corps spirituel? ». De corruptible il devient incorruptible, par conséquent immortel; d’abject et de vil, de sujet aux plus humiliantes nécessités, il devient digne d'honneur et de respect, revêtu d’une beauté qui reflète l’image de Dieu réparée et l'éclat d'une âme glorieuse; d'impuissant et d'infirme, de soumis à toutes les limitations de sa nature et à toutes les déchéances du péché, il devient supérieur aux éléments, vainqueur du temps et maître de l’espace; de charnel et de terrestre il devient « spirituel », non pas aérien ou éthéré, d’après le sens étymologique d'esprit, ni même semblable aux esprits célestes dans sa manière
ET