Cor. 1553, — 9, ] Cor
d’être et d'agir, quelque séduisante que puisse paraître cette explication, mais dominé par l'Esprit de Dieu qui l’informe dans sa vie surnaturelle, comme l'âme le meut et le pénètre dans sa vie sensible. Le corps spirituel est un corps semblable au corps glorifié de Jésus. En vertu de la génération naturelle, nous tenons du premier Adam un corps terrestre (xoïxev), un corps psychique (4uytxév), qui appesantit l'âme et l’entrave dans ses opérations; en vertu de la descendance surnaturelle nous recevrons du second Adam un corps céleste (étoupdvtov), un corps spirituel (rvevuarixdv), pareil au sien 1. Les propriétés du corps de Jésus-Christ — impassibilité, clarté, liberté entière d’action et de mouvement — seront aussi les nôtres. Voilà tout ce que la révélation nous enseigne.
Transformation des vivants. — Mais Paul rappelle aux Corinthiens que leur curiosité se trompe d'objet. Ils veulent savoir comment seront faits les corps des ressuscités : or la transformation des vivants n’est ni moins merveilleuse ni moins difficile à comprendre; car « la chair et le sang ne sauraient hériter du royaume de Dieu ? ». Un changement, équivalant à une transformation complète, est nécessaire : « Voici que je vais vous dire un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés #, en un instant, en un clin d'œil, au son de la trompette finale; car la trompette retentira
3. 1 Cor. 1551-55 : Tüob pucthptov duiv Aéyw: névrec [UE] où xounÜno opel, mavres à &h\aynoéuela. On ne peut pas douter raisonnablement que telle ne soit la vraie leçon. C’est celle de tous les minuscules moins un, des onciaux BKLP (et D de troisième main), de la grande masse des Pères grecs et syriaques et de presque toutes les versions. C’est aussi la seule qui convienne au contexte et qui cadre avec : of vexpoi éyepOñoovrat Gphapror val fueïs &Axynoépela. Saint Jérôme la préférait (Zpisé. cx1x, 8-7, t. XXII, 968-973) bien qu’il ait laissé subsister dans la Vulgate l’ancienne version latine qui suppose la leçon : INévres uèv dvaornoouelx, où mévrec à ä\kayncéuebx, dont l’unique autorité est le codex de Bèze, si singulier de toutes manières. Quant à la leçon : Ilévres èv xownônoéuela, où mévres 5 &Maynoéueña, adoptée par un minuscule (n° 17), trois onciaux (NCF) et la version arménienne, tous les indices convergents permettent d'y voir une correction dogmatique. On changea la négation de place, faute de songer que Paul ne parle pas ici des pécheurs mais de deux catégories de justes qui fous, morts et vivants, doivent subir une transformation pour régner avec Jésus-Christ.
et les morts ressusciteront incorruptibles et nous, nous serons transformés. Il faut, en effet, que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité et que ce corps mortel revête l’immortalité. » Secret admirable et vraiment mystérieux que Paul a charge de transmettre aux fidèles, qu’il leur communique en effet dans trois de ses lettres : « Nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés. » Les justes des derniers jours ne connaîtront pas la mort; l’incorruptibilité les enveloppera comme d’un manteau de gloire, sans éteindre en eux l’étincelle de la vie; tout ce qu'ils ont de mortel sera absorbé par l’immortalité dans cet instant indivisible (év äréuw) qu'éclairera la venue fulgurante du Christ.
Jésus-Christ, prémices des dormants, cause exemplaire et méritoire de la résurrection des justes, avec la persuasion invincible des fidèles et la certitude infaillible des apôtres : ce ne sont pas là les seules preuves que Paul fasse valoir en faveur de notre résurrection. Ailleurs il parle de Jésus-Christ premier-né d’entre les morts, des arrhes du Saint-Esprit et du désir surnaturel qu'il nous inspire, de son habitation dans l'âme et le corps des chrétiens comme dans un temple, de la grâce semence de gloire. Il est impossible que ces arguments connexes, dont on pourrait encore multiplier les aspects, ne se touchent par quelque point et n’arrivent parfois à se compénétrer; mais ils montrent du moins la richesse des aperçus de l’Apôtre et la profondeur de ses horizons.
à CHAPITRE III