Mais leurs rapports avec les étrangers
Les peuples correspondent entre eux pendant la paix ou pendant la guerre ; leurs relations sont des relations amicales ou des relations hostiles. Pendant la paix, où trouver des rapports plus raisonnables que ceux-ci : « Vous n'affligerez pas l'étranger, vous ne lui ferez pas de peine? (Exode, xxn, 21, et xxm, 9.) S'il ne fait que passer, vous lui devrez appui et protection. S'il demande à se fixer dans le pays, vous ne lui donnerez pas aussitôt droit de cité, afin d'éviter le danger de la trahison. » La loi exigeait le séjour de la famille pendant un certain temps. Les Egyptiens, parmi lesquels les Hébreux avaient été nourris et élevés, les Iduméens, descendants d'Esaù, frère de Jacob, étaient incorporés au peuple juif après la troisième génération. Certains étrangers étaient à jamais exclus du sein de la nation : c'étaient les Ammonites et les Moabites, qui avaient si longtemps porté les armes contre les Hébreux. Quant aux Amalécites, leurs ennemis mortels, la loi leur déclarait la guerre à generatione in generationem.
Le peuple juif était-il en guerre? Ne faites jamais, disait la loi, que des guerres justes et nécessaires. Avant de livrer bataille, offrez encore la paix; puis, si on la refuse, faites la guerre à outrance, comptant sur l'appui du Dieu des armées. On observait scrupuleusement toutes les mesures conseillées par l'humanité et la prudence. On épargnait dans les pays conquis, la femme, les enfants, les arbres fruitiers. Ceux qui auraient pu entraver la marche de l'armée étaient sur-le-champ renvoyés dans leurs fa-
milles. Enfin la loi réprimait l'animosité du vainqueur et lui ordonnait d'user modérément de la victoire.
4. Les rapports entre personnes habitant la même maison étaient-ils aussi sagement réglés ?
Ces rapports avaient pour objet ce qui regarde les nécessités de la vie. Elles sont de deux sortes : les unes, imposées à l'homme s'il veut conserver sa vie ; les autres, s'il veut reproduire son espèce. D'un côté, l'homme a besoin de serviteurs, et voyez si la loi avait sauvegardé leurs droits ! « Le jour du sabbat, votre serviteur et votre servante se reposeront comme vons. » S'ils étaient Juifs et esclaves, ils recouvraient leur liberté la septième année. Ils s'en allaient avec tout ce qu'ils avaient apporté, et le maître était obligé de leur donner le viatique nécessaire. S'il mutilait un esclave en le frappant, sa punition était de le renvoyer libre.
Pour conserver l'espèce, l'homme s'unit à une femme. De là, les rapports de l'époux à l'épouse, du fils au père. On ne devait épouser que des femmes de sa tribu, afin de ne pas confondre les douze familles que la loi distinguait entre elles. Le frère devait épouser la veuve de son frère mort sans enfants, afin de ne pas laisser périr sa mémoire. Celui qui accusait faussement son épouse était puni d'une peine sévère. Elle pouvait le quitter, quand elle en avait reçu un écrit de divorce.
Les pères devaient élever leurs enfants dans l'étude de la loi, veiller avec soin à leur éducation, de manière à pouvoir dire, s'ils se conduisaient mal : « Ils ne veulent pas suivre nos enseignements ! »
OUEST. CVI, CVII, CVIII. La loi nouvelle. — 1. Comment diffère-t-elle de la loi ancienne ?
On cite un grand nombre de manières dont les deux lois diffèrent entre elles. Je me bornerai aux trois principales.
Deux choses peuvent se distinguer ou par l'espèce, comme l'homme et l'animal sans raison ; ou par leur perfection dans la même espèce, comme l'enfant et l'homme fait. C'est ainsi que,
selon l'Epître aux Galates, les deux lois diffèrent entre elles. Cette différence est visible. Une loi doit toujours avoir pour objet le bien de la communauté qu'elle régit. Quel bien proposait la loi ancienne? Le bien terrestre en vue du bien céleste. Moïse, au commencement de l'Exode, convie les Hébreux à la conquête du pays des Chananéens et leur promet une terre où coulent le lait et le miel. La nouvelle propose tout d'abord le bien céleste. Jésus-Christ commence la prédication de l'Evangile par ces paroles : Faites pénitence, le royaume des deux approche.
La loi doit diriger tous nos actes vers la justice et punir le désordre partout où il est : l'ancienne ne punissait que les actes extérieurs; la nouvelle atteint de plus les actes intérieurs. L'une réprimait la main, l'autre réprime encore le cœur.
La loi doit se faire observer ; l'ancienne le faisait par la crainte, la nouvelle par l'amour.
2. La loi nouvelle est-elle une loi écrite ou simplement intérieure?
L'une, dit saint Augustin, était écrite sur des tables de pierre; l'autre est écrite dans le cœur des fidèles.
On donne à une chose le nom de ce qui domine en elle. Ce qui éclate le plus dans la nouvelle loi, c'est la grâce, qui est tout intérieure : elle vient de la foi en Jésus-Christ. Néanmoins, renfermant certaines règles qui nous disposent à la grâce, il a fallu qu'elle fût écrite ou extérieure; c'est-à-dire qu'elle manifestât par des écrits et par des paroles ce que nous devons croire et ce que nous devons faire.
3. Elle a la vertu de justifier par elle-même, et elle diffère, de ce côté, de la loi ancienne. Elle nous donne, par l'effusion de l'Esprit-Saint, la grâce qui efface toute souillure et revêt nos âmes d'une beauté céleste. Elle nous y dispose par des préceptes qui règlent toutes les affections de l'homme.