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Comment est-elle le complément de l'ancienne loi

On appelle complément d'une chose le don de ce qui lui man-

que ; c'est ce que fait la nouvelle loi à l'égard de l'ancienne. Nous pouvons considérer dans celle-ci la fin et les peuples. Quelle était sa fin? La justification des hommes, justification qu'elle ne donnait pas elle-même ; elle la figurait et la promettait en vue de la loi nouvelle. Celle-ci supplée à son impuissance en substituant la réalité aux figures, le don à la promesse.

Jésus-Christ a accompli les préceptes de l'ancienne loi de plusieurs manières. 11 les a observés : Factum sub lege. 11 les a mis sous une garde inviolable, la garde du cœur. 11 a ajouté des conseils pour ceux qui aspirent à la perfection ; donc la loi nouvelle est le couronnement de la loi ancienne.

5. N'eût-il pas mieux valu qu'elle fût donnée plus tôt, même au commencement du monde ?

Comme elle devait apporter aux hommes le don de la grâce, il fallait, auparavant, que le grand obstacle à la grâce, le péché, fût vaincu. 11 ne l'a été que par la rédemption : Nondum Spiritus erat datus, quia Jésus nondum erat glorificatus.

C'est une loi de perfection. Suivant l'ordre de la Providence, on n'arrive à la perfection qu'insensiblement et par degrés, comme l'enfant à l'âge mûr.

Il fallait qu'une triste expérience humiliât l'orgueil de l'homme et lui fit avouer hautement sa faiblesse.

6. Doit-elle durer jusqu'à la fin du monde, ou une autre loi doit-elle lui succéder ?

Elle a succédé à l'ancienne comme le plus parfait au moins parfait; une autre ne saurait lui succéder ainsi. Comment trouver une loi plus parfaite, puisqu'elle a la vertu de nous introduire immédiatement au ciel ? « Avec l'espérance bien fondée d'entrer dans le sanctuaire du ciel par le sang de Jésus-Christ, approchons-nous, suivant cette nouvelle voie qu'il nous a tracée.» (Hébr., x, 19.)

Mais les dispositions des hommes envers la loi nouvelle peuvent changer ; ainsi considérée, elle ne durera pas jusqu'à la fin

du monde, mais se diversifie selon les temps, les lieux et les personnes. Le temps où elle jeta le plus de splendeur fut, sans contredit, le temps des apôtres, où les fidèles reçurent l'Esprit-Saint et tempore prias, et cœteris abundantius. (S. Aug.)

7. Convenait-il qu'elle ordonnât des œuvres extérieures et qu'elle en défendît d'autres?

Puisqu'elle fait de nous des enfants de lumière, nous devons produire des œuvres extérieures qui nous honorent, éviter celles qui font rougir et que l'on cache dans les ténèbres.

Cette loi, avons-nous dit, consiste surtout dans la grâce. Quelle est la source de la grâce? Jésus-Christ, d'où elle découle sur nous comme une rosée céleste. Mais comment saurons-nous que nous l'avons? Il faut des œuvres extérieures qui en soient des signes certains : ce sont les sacrements.

L'homme qui a reçu le don de la grâce doit le manifester au dehors. La loi nouvelle nous ordonne, en certaines circonstances, de professer notre foi et nous défend de jamais la renier; « Celui qui me reniera devant les hommes, je le renierai devant mon Père. » Quant aux actes extérieurs qui ne sont pas corrélatifs à la foi intérieure, ou qui ne lui sont pas opposés, la loi nous laisse pleine et entière liberté. C'est pour cette raison qu'elle est appelée : Lex libertatis. >La loi ancienne ordonnait une foule d'observances dont elle surchargeait le peuple juif.

8. Elle devait ordonner des œuvres extérieures, en défendre d'autres, en laisser aussi à la dévotion des fidèles ; l'a-t-elle fait d'une manière convenable?

La grâce étant son effet principal, elle doit ordonner des œuvres qui nous introduisent dans la grâce ; elle le fait par les sacrements qu'institua Jésus-Christ.

Possédant la grâce, nous devons suivre ses inspirations et faire des œuvres de charité. La loi nouvelle nous l'ordonne en nous imposant les préceptes moraux, sans l'accomplissement desquels la grâce n'habite plus en nous. Elle ne nous impose pas les pré-

ceptes cérémoniels ni les préceptes judiciaires, parce que, déterminant d'une manière précise le culte qu'il faut rendre à Dieu et comment nous devons accomplir nos devoirs de justice à l'égard du prochain, ils ne tiennent pas à l'essence même de la grâce.

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