‹ La Théologie de Saint ThomasChapitre 11 sur 155 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

Presque toutes, au reste, avaient le même but : c'était de montrer combien étaient peu fondés les reproches de crime religieux, moral et politique, que faisaient sans cesse renaître l'ignorance des païens et la haine pour le nom chrétien. Ce qui frappe surtout en lisant ces apologies, c'est l'habileté avec laquelle les Pères savaient varier leurs armes selon le genre d'adversaires qu'ils avaient à combattre. Usant le plus souvent de l'argument appelé en philosophie ad hominem, ils prennent l'adversaire sur son propre terrain, et le conduisent, avec ses propres principes, à une conclusion qu'il ne peut éluder sans se contredire. Ainsi Justin, dans son dialogue avec le Juif Tryphon, s'appuie sur les prophéties pour prouver la divinité du christianisme. S'adresse-t-il aux païens, il en appelle à la raison, aux philosophes dont ils ne contestent pas l'autorité. L'histoire ecclésiastique nous apprend que plusieurs philosophes convertis, entre autres saint Justin, continuèrent à porter l'antique manteau de philosophe, afin de montrer qu'on peut embrasser la foi sans trahir la philosophie.

V. La catéchèse (de y.«T-/^07.ç, instruction) fut une autre forme de la théologie au temps des Pères. Le Sauveur avait recommandé aux apôtres d'enseigner les nations, avant de leur dire de les baptiser. Aussi voyons-nous, dès les premiers siècles, des écoles destinées à l'enseignement des catéchumènes et des néophytes. Saint Jean en fonda une à Éphèse; saint Polycarpe, une autre à Smyrne. La plus célèbre fut l'école d'Alexandrie. Pantène, stoïcien converti, en jeta les premiers fondements. Elle effaça, sous Clément et Origène, son disciple, les écoles les plus florissantes du deuxième siècle. Saint Grégoire Thaumaturge, disciple d"Origène et formé à cette école, expose ainsi la méthode qu'on

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