XIV INTRODUCTION
y suivait : après une suite de discours par lesquels il allumait dans ses disciples l'amour de la science et de la vertu, et les préparait à son enseignement, Origène leur donnait les leçons de la vraie philosophie : « Premièrement, il les instruisait de la logique, en les accoutumant à ne recevoir ni à rejeter au hasard les preuves, mais à les examiner soigneusement, sans s'arrêter à l'apparence ni aux paroles dont l'éclat éblouit ou dont la simplicité dégoûte, et à ne pas rejeter ce qui semble d'abord un paradoxe et se trouve souvent le plus véritable; en un mot, à juger de tout sainement et sans prévention. Ensuite il les appliquait à la physique, c'est-à-dire à la considération de la sagesse et de la puissance infinies de l'auteur du monde, si propre à nous humilier. Il leur enseignait encore les mathématiques, principalement la géométrie et l'astronomie, et enfin la morale, qu'il ne fait pas consister en vains discours, en définitions et en divisions stériles ; mais il l'enseignait par la pratique, leur faisant remarquer en eux-mêmes les mouvements des passions, afin que l'àme, se voyant comme dans un miroir, pût arracher jusqu'à la racine des vices et fortifier la raison, qui produit toutes les vertus. Aux discours il joignait les exemples, étant lui-même un modèle de toutes les vertus. Après les autres études, il les amenait à la théologie, disant que la connaissance la plus nécessaire est celle de la première cause. Il leur faisait lire tout ce qu'avaient écrit les anciens, soit poètes, soit philosophes grecs ou barbares, excepté ceux qui enseignaient expressément l'athéisme. Il leur faisait tout lire, afin que, connaissant le fort et le faible de toutes les opinions., ils pussent se garantir des préjugés; mais il les conduisait dans cette étude, les tenant comme par la main pour les empêcher de broncher et pour leur mon-