INTRODUCTION. XV
trerce que chaque secte avait d'utile, car il les connaissait toutes parfaitement. Il les exhortait à ne s'attacher à aucun philosophe, quelque réputation qu'il eût, mais à Dieu et à ses prophètes. Ensuite il leur expliquait les saintes Écritures, dont il était le plus savant interprète de son temps. » (Fleury, Hist. eccl., t. II, 1. v.) Il perfectionna l'exégèse biblique, et, très-versé dans la science des languesorientales, fitde précieux commentaires. On l'accuse cependant d'avoir cédé à la tendance de son école, trop portée à ne voir dans les faits de la Bible que de simples allégories. Son livre contre Celse, épicurien, fut une réfutation victorieuse de la fausse philosophie. Il prouve la vérité du christianisme par des faits incontestables, que tout le monde avait sous les yeux, et dont le récit devait, à cette époque, produire une profonde impression : les prophéties, les miracles de Jésus-Christ et des apôtres, les mœurs des chrétiens au milieu de la société païenne. Son livre De principiis (ïlepl «p/wv) est le premier essai que firent les Pères d'exposer dans un ordre logique l'ensemble de la doctrine chrétienne. Mais le Docteur infatigable (adamantinus), en feuilletant nuit et jour les philosophes, les poètes, les orateurs païens, ne sut pas toujours distinguer le vrai du faux, et se laissa entraîner, selon l'histoire, cà des doctrines peu conformes à la foi. On ne saurait cependant affirmer qu'il soit mort dans l'hérésie ; son fameux livre De principiis ne nous est point parvenu tel qu'il sortit de sa plume, mais altéré par les sectaires qui voulaient se prévaloir de son nom et donner à leur parti l'autorité de ce beau génie.
Son maître, Clément, évêque d'Alexandrie, écrivit une Ex ortalion aux Grecs, dans laquelle il montre l'excellence de la foi sur la philosophie : les Stromates (tapisseries) ou