‹ La Théologie de Saint ThomasChapitre 14 sur 155 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

mélanges où il compare la philosophie à l'Évangile. Il établit cette maxime qui fut la devise de tous les Pères : Croyez afin de comprendre. « Donnez à votre science la base certaine et immuable de la foi, sinon vous courez risque de retomber dans les errements de l'ancienne philosophie. Mais si le vrai gnostique commence par croire, il ne s'arrête pas là; il cherche la raison de ce qu'il croit; il lit les poètes, les philosophes, sans s'asservir à aucun. La gnose, ce n'est ni le platonisme, ni le stoïcisme, ni l'aristotélisme, ni l'épicuréisme, mais ce que chacune de ces écoles a de bon. » (Strom.) Il trace le portrait suivant du vrai et de l'honnête gnostique : « Il a vieilli dans l'étude de l'Écriture sainte. Il garde la foi orthodoxe des apôtres et de l'Église. Les autres, au contraire, abandonnent les traditions apostoliques, et se croient plus de science que n'en avaient les apôtres. » [Strom., 1. III, ch. i.)

Pour comprendre toute l'influence de l'école chrétienne d'Alexandrie, il faut se rappeler que, vers le même temps et au même lieu, Plotin fondait le néo-platonisme, école éclectique bien différente de celle des Pantène, des Clément et des Origène. C'était un mélange bizarre et informe du panthéisme oriental, de la philosophie grecque et des dogmes chrétiens. De cette école sortirent une foule de sectes plus extravagantes les unes que les autres, et livrées à un mysticisme qui a plus d'un trait de ressemblance avec celui des sectes protestantes. Comme si Dieu avait voulu instruire le monde par un contraste frappant, à côté de cette école chrétienne, qui produisit tant de grands hommes, de saints et de martyrs, on vit ces sectaires s'agiter dans des rêveries superstitieuses, ériger le vice en vertu, et justifier la dépravation de leurs mœurs par les plus impudents sophismes :

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