‹ La Théologie de Saint ThomasChapitre 16 sur 155 · INTRODUCTION. XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIX

la fragilité des choses humaines, l'éternité, etc. C'est aux discours et homélies des Pères, que les orateurs du dixseptième siècle viennent le plus souvent demander leurs inspirations. Pour n'en citer qu'un exemple, Bossuet a emprunté au prêtre de Carthage, ce trait si justement admiré « Ici notre imagination nous abuse encore. La mort

ne nous laisse pas assez de corps pour occuper quelque place, et on ne voit là que les tombeaux qui fassent quelque figure. Notre chair change bientôt de nature ; notre corps prend un autre nom; même celui de cadavre, dit Tertullien, parce qu'il montre encore quelque forme humaine, ne lui demeure pas longtemps. // devient un je ne sais quoi qui na pins de nom dans aucune langue, tant il est vrai que tout meurt en lui, jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprime ses malheureuxrestes. (Oraisonfunèbredeladuchessed'Orléans.)

Saint Basile nous donnera, sous le ciel de l'Orient, un autre trait de cette éloquence : « Si quelquefois, dans la sérénité de la nuit, levant les yeux et voyant l'ineffable beauté des astres, vous avez pensé à l'auteur de toutes choses; si vous vous êtes demandé quel est celui qui a semé le ciel de telles fleurs; si quelquefois, durant le jour, vous vous êtes livré à l'étude des merveilles de la lumière, élevé par les choses visibles à l'être invisible; si toutes ces choses vous ont initié à la connaissance de Dieu, vous êtes un auditeur bien préparé, et vous pouvez prendre place dans cette magnifique enceinte. Venez : de même que l'on prend par la main et l'on guide ceux qui ne connaissent pas une ville ; ainsi je veux vous conduire, comme des étrangers, à travers les merveilles de la grande cité de l'univers. »

La vue du ciel lui rappelle notre innocence primitive et notre chute : « Là est notre antique patrie d'où le démon

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