XXII INTRODUCTION
sont trop faibles et trop indignes de la gloire future qui se révèle sur nos têtes ; c'est-à-dire, que faites-vous, en lui opposant les bourreaux, les supplices, la proscription, les fersï Menacez-moi de tout ce que vous voudrez, de toutes les choses qui sont formidables aux hommes. Vous ne dites rien qui vaille ces récompenses, ces couronnes, cet échange que j'attends. L'un s'épuise et se termine en cette vie; ^'autre n'a pas de fin dans l'éternité. » (Traduct. de M. Villemain.) VI. L'Église n'eut pas seulement à combattre les ennemis du dehors et à nourrir ses enfants du pain de la doctrine, il lui fallut aussi combattre les ennemis du dedans. La nécessité de répondre aux hérésies contraignait la théologie à revêtir une autre forme, celle de la controverse ou de la polémique. De tout temps des hérétiques déchirèrent le sein de l'Église ; les apôtres mêmes en eurent à combattre; c'est pour confondre les hérétiques de son temps que saint Jean écrivit son Évangile. Ne semble-t-il pas, en voyant ses luttes passées, que la destinée de la vérité sur la terre soit de vivre au milieu des combats ? Mais la Providence, qui sait tirer le bien du mal, les a toujours fait servir au bien de son Église, et toujours elles furent pour la vérité l'occasion d'un triomphe. Elles montrent, dit l'Apôtre, ceux dont la foi est à Vépreuve. (I Cor., xi.) Nées, pour ainsi dire, avec l'Église, elles prouvent que les apôtres n'ont pas enseigné dans les ténèbres, qu'ils n'ont pas toujours eu des auditeurs dociles, et que s'ils avaient supposé les faits de l'Évangile, les contradictions de leurs contemporains les auraient aussitôt convaincus d'imposture. Elles montrent la sagesse de l'architecte qui a conçu, exécuté le plan de l'Église, la puissante protection de celui qui l'a fait sortir victorieuse de tant de combats. Enfin les hérésies, en provoquant la lutte, font jaillir