INTRODUCTION. XXIII
la lumière et mettent les fidèles dans l'heureuse nécessité de tenir les yeux toujours fixés sur le lieu de leur origine, d'en appeler sans cesse à ceux qui furent leurs pères dans la foi. L'Église eut facilement raison des premières hérésies. Les Cérinthiens, les Ébionites, les Priscillianistes, etc., après s'être un peu agités, rentrèrent dans le néant et firent peu de victimes. Au quatrième siècle la lutte grandit, elle prend des proportions qui épouvantent, et l'Église semble pour la première fois sur le penchant de sa ruine. Arius, prêtre d'Alexandrie, commence, vers l'an 319, à prêcher la doctrine de Platon sur la Trinité. Suivant lui, le Verbe divin est une sorte de demi-dieu, une créature plus parfaite que les autres, à qui Dieu donna l'être avant toutes choses. 11 l'investit, à raison de son excellence, du pouvoir de coordonner, de régir les créatures inférieures; et c'est de lui que vient la beauté, l'harmonie de ce monde. Une conséquence immédiate de cette doctrine, c'est évidemment la négation de la divinité de Jésus-Christ et la ruine du christianisme. Condamné par son évêque Alexandre, il se réfugie en Orient où ses talents, ses artifices lui attirent de nombreux partisans. Constantin s'en émeut. Le concile de Nicée, où sont réunis trois cent dix-huit évêques dont la plupart portent encore les cicatrices du martyre, condamne Arius et proclame la consubstantialité du Père et du Verbe. Mais le serpent de l'hérésie, quoique frappé mortellement, n'expira pas aussitôt. Les ariens, à force d'intrigues , séduisirent les successeurs de Constantin, qui leur prêtèrent l'appui de leur autorité. Une fois à l'ombre du trône, l'hérésie jeta de profondes racines et s'étendit au loin. Les rois barbares lui apportèrent un autre élément de succès. Les Goths, les Visigoths, les Bourguignons, les Vandales, la propagèrent le fer et le feu à la main.