‹ La Théologie de Saint ThomasChapitre 23 sur 155 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

deux cités : l'amour de soi, jusqu'au mépris de Dieu, a élevé la cité de la terre ; l'amour de Dieu, jusqu'au mépris de soi, voilà l'architecte de la cité céleste. » Ce dessin, on le voit, ressemble beaucoup à celui du Discours sur Vhistoire universelle.

Après la mort de saint Augustin, la théologie eut encore d'illustres représentants dans saint Prosper, saint Fulgence, disciple de l'évèque d'Hippone, Vincent, moine de Lérins.Ce dernier trace, d'une main sûre et savante, la mission du théo- ' logien, et plût à Dieu qu'on n'eût jamais perdu de vue son avertissement : « Timothée, ô prêtre, ô savant, ô docteur! polissez les pierres précieuses de la doctrine divine, enchâssez-les avec soin, ornez-les avec sagesse, donnez-leur la splendeur, la grâce, l'harmonie ; que par vos lumières la postérité se félicite de comprendre ce qu'auparavant on respectait sans en avoir l'intelligence. Enseignez ce que vous avez appris, de telle sorte qu'en l'exposant d'une nouvelle manière vous ne disiez pas des choses nouvelles. On dira peut-être : Il n'y a donc pas de progrès religieux dans l'Église du Christ? Il y en a, certes, et un très-grand. Qui serait assez ennemi des hommes et de Dieu pour s'efforcer d'empêcher ce progrès ? Mais il faut que ce soit un développement, non un changement de la foi. Or il est de la nature du progrès qu'une chose grandisse et s'accroisse en ellemême ; il est de la nature du changement qu'une chose devienne ce qu'elle n'était pas. Puissent croître l'intelligence, la science, la sagesse de chacun et de tous, du fidèle et de l'Église, selon les âges et les siècles ! mais il faut que la connaissance acquise soit dans le même genre, c'est-à-dire dans le même dogme, le même esprit, le même sentiment. Que la condition de la religion imite la condition des corps.

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