‹ La Théologie de Saint ThomasChapitre 24 sur 155 · INTRODUCTION. XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXVII

Ils croissent, se développent avec l'âge et ne laissent pas d'être toujours les mêmes. Il est permis, dans le cours des siècles, de battre, de limer, de polir les antiques dogmes de la philosophie céleste : c'est un crime de les changer, de les tronquer, de les mutiler. Qu'ils reçoivent l'évidence, la lumière, la précision; mais il faut que toujours ils conservent leur plénitude, leur intégrité, leur propre nature. (Commonit., c. xxn.) Saint Grégoire le Grand et saint Isidore de Séville furent les dernières lumières de l'Église d'Occident.

VIII. Déjà, en Orient, la nuit s'était faite. Plus d'apologie, plus de controverse digne d'attention, plus de ces sublimes expositions de la doctrine chrétienne. Les Barbares, en inondant l'empire, avaient ruiné tous les monuments des sciences. Comment, dans ces temps de trouble et de confusion, se livrer à la contemplation de la vérité ? Comment, au milieu de la poussière du vieux monde qui s'écroule, pourraient fleurir encore des sciences qui ne s'épanouissent qu'à la faveur de la liberté et dans le silence de la solitude? Ces temps sont tellement malheureux, de si épaisses ténèbres couvrent le monde, que le pape Agathon, envoyant ses légats présider le sixième concile général (702), écrivait aux évoques : « Nous ne les envoyons pas par la confiance que nous avons en leur savoir, car, comment pourrait-on trouver la science parfaite des Écritures chez des gens qui vivent au milieu des nations barbares et gagnent à peine leur subsistance de chaque jour par leur travail corporel ? Seulement nous gardons avec simplicité de cœur la foi que nos pères nous ont laissée. » (Fleury, Hist . ecclés.)

Ces dernières paroles montrent tout le mouvement scientifique de cette époque jusqu'au onzième siècle. On garde

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