‹ La Théologie de Saint ThomasChapitre 25 sur 155 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

avec simplicité de cœur la foi des siècles passés. On fait des compilations plus ou moins savantes, on essaye de commenter les œuvres des Pères; mais plus d'invention, plus d'essor intellectuel. Comme un voyageur qui, à l'entrée d'un défilé, serre sous son manteau tous ses trésors, ainsi les prêtres, les moines recueillent et mettent à l'abri des couvents les livres épars de l'antiquité, soit sacrée, soit profane. Cependant, si la théologie n'a plus pour organe la voix éclatante des Athanase, des Augustin, elle parle toujours, et c'est, de toutes les sciences, la seule qui soit encore enseignée. Un grand pape envoie en Angleterre le moine Augustin, qui y fonde plusieurs écoles, et c'est de ces écoles que sortirent, à une époque si peu favorisée, saint Boniface, apôtre de l'Allemagne, le vénérable Bède et Alcuin. Cassiodore, Boëce, Raban font revivre autour d'eux un mouvement qui nous permet d'espérer des temps meilleurs. Grâce au zèle des prêtres et des moines, des écoles s'élèvent à l'ombre des églises et des monastères, comme un souvenir et une imitation des premières écoles chrétiennes'. Celles de Saint - Germain d'Auxerre, de Saint-Germain de Paris, de Corbie, de Lyon, ne laissèrent pas s'éteindre le feu sacré et devinrent plus tard d'immenses foyers de lumières.

En Orient, saint Jean Damascène fut le dernier anneau de cette chaîne de philosophes et d'orateurs qui illustrèrent l'Église naissante. Après lui on n'entend plus, sur cette terre qui avait produit de si beaux génies, que des disputes de mots, de vaines arguties; et, malgré sa décadence, cette Église d'Orient prétend gouverner l'Église universelle ! Elle n'a plus de vie que pour méconnaître la suprématie du pontife de Rome, contester ses droits les plus sacrés, ou bien, si elle montre encore un reste d'activité intellectuelle, elle

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