‹ La Théologie de Saint ThomasChapitre 6 sur 155 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

Jésus-Christ. Je vous écris vivant et amoureux de la mort.

Mon amour est crucifié Vous réunissant en chœur dans

Ja charité, vous chanterez les louanges du Père en Jésus- Christ de ce qu'il a daigné permettre que l'évèque de Syrie fut emmené d'Orient en Occident. Il est si doux de se dérober aux yeux du monde pour aller à Dieu, afin de se lever quand sera venu le jour de la vision. »

Quels enseignements pour les fidèles de cette époque, que la parole et l'exemple de leurs évêques ! Polycarpe, disciple de Jean et ami d'Ignace, est traîné aux pieds du proconsul qui lui ordonne de sacrifier aux dieux et de maudire le Christ : « Il y a quatre-vingt-six ans que je le sers, répond le saint vieillard, et il ne m'a jamais fait aucun mal ; comment maudirais-je le Dieu qui m'a racheté ? »

IV. Le deuxième siècle nous offre un autre spectacle. Ce n'est plus celui d'une société inébranlable dans sa foi simple et naïve. Il fallait, au dedans, combattre les hérésies naissantes ; au dehors, repousser les attaques des païens et désarmer un gouvernement persécuteur. C'est alors que Dieu suscita ces éloquents apologistes, dont la vie s'éteignit plutôt que le zèle et l'amour de la vérité.

Le paganisme s'écroulait de toute part. Du milieu de ses rangs sortirent des philosophes, qui vinrent déposer au pied de la Croix les palmes de la science. Une fois rangés sous les étendards du christianisme, ils firent servir à sa défense les lumières qu'auparavant ils avaient employées, les uns à le chercher, les autres à le combattre. A cette époque parut la première forme scientifique qu'ait revêtue la doctrine chrétienne, je veux dire l'apologie. Justin, philosophe platonicien, écrit deux apologies et ne craint pas de les dédier, la première à An ton in, la seconde à Marc-Aurèle, princes phi-

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