INTRODUCTION, [X
losophes. Après avoir répondu aux reproches de crime moral et de crime politique portés conîre les chrétiens, il les justifie du crime religieux qu'on leur imputait, celui d'athéisme : « On nous enseigne que Jésus-Christ est le premier-né de Dieu, la Raison souveraine, dont tout le genre humain participe. Ceux qui ont vécu selon la raison sont chrétiens, bien qu'on les ait dits athées : tels furent chez les Grecs Socrate et Heraclite. Or, Socrate et Heraclite n'étaient point athées ; on en a accusé le premier, mais à tort. Tout ce que les philosophes et les législateurs ont jamais dit ou pensé de bon, de vrai, ils l'ont trouvé en considérant et en consultant en quelque chose le Verbe, mais comme ils n'ont pas assez connu le Verbe, c'est-à-dire Jésus-Christ, ils sont tombés
dans l'erreur et la contradiction On les a traduits devant
les tribunaux comme des impies et des hommes trop curieux : Socrate, l'un des plus courageux, a été accusé du
même crime que nous On nous dit : « Pourquoi vous
plaignez-vous qu'on vous tue, si la mort est pour vous le commencement de l'immortalité ? » C'est que notre vie appartient à Dieu et que nous la lui avons consacrée... Si vous êtes des princes vraiment pieux et philosophes, montrez-le en ne permettant pas qu'on opprime les innocents. » Ces deux empereurs envoyèrent, en effet, aux magistrats l'ordre de cesser la persécution, et si elle ne fut pas totalement suspendue, elle perdit au moins de sa violence.
On garda le ton de l'apologie tant que l'on conserva l'espérance que les persécutions ne dureraient pas, ou qu'on en obtiendrait la fin par des prières adressées à l'empereur. Vingt-sept ans après celle dont on vient de lire des fragments, parut l'apologie d'Àthénagore, philosophe athénien. Comme Justin, il la dédie aux maîtres du monde. Il répond