‹ La Théologie de Saint ThomasChapitre 8 sur 155 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

aux trois reproches qu'on ne cessait de faire aux chrétiens, ceux d'athéisme, parce que les chrétiens refusaient l'encens aux idoles, d'inceste et d'antropophagie, lorsqu'ils se réunissaient furtivement sous prétexte de prendre en commun leurs repas.

La loi du secret, rigoureusement observée à cette époque, 1 ignorance des païens éloignés de nos saints mystères, entretenant les mêmes préjugés et faisant toujours renaître les mêmes accusations, Minutius Félix (1) écrivit une nouvelle apologie; voici à quelle occasion.

Il avait à Rome deux amis, dont l'un, du nom de Cécilius, était resté attaché au paganisme, et l'autre, appelé Octavius, s'était converti à la religion chrétienne. Un matin, comme ils allaient à Ostie pour se baigner dans la mer, ils aperçurent sur le bord de la route une statue du dieu Sérapis. Cécilius la salue et lui envoie un baiser. Octavius se met à le railler, à plaindre Minutius Félix « de ce qu'il a des amis assez aveugles pour se heurter en plein jour contre des pierres. » Cécilius, blessé, dit qu'il peut justifier sa religion aussi bien qu'eux la leur. Le défi est accepté, Minutius Félix choisi pour arbitre. Il écrivit le dialogue de ces deux amis, dont l'un est le représentant et l'organe du paganisme, l'autre, de la religion chrétienne. Malgré les limites étroites de cet exposé, je ne puis résister au désir de rapporter les paroles suivantes qu'il met dans la bouche d'Octavius : « Vous croyez que c'est afin de nous cacher que nous n'avons ni temple, ni autel, ni statue; mais la plus belle image de Dieu est l'homme ; le monde entier, voilà

son temple ; une àme innocente, voilà son sanctuaire

Dieu, quoique invisible , nous est présent par ses ouvrages,

(i) Avocat romain, converti à la fin du deuxième siècle.

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