La passion ne diminue-t-elle pas le péché
La passion qui précède l'exercice du libre arbitre diminue le volontaire, par conséquent le péché; la passion qui suit l'augmente.
Tout péché consiste essentiellement dans un acte du libre arbitre, qui tient à la fois de la raison et de la volonté. Si ce mouvement précède, il incline la raison et la volonté, leur laisse moins d'activité propre, par conséquent diminue le volontaire, celui-ci étant d'autant plus grand que ces deux facultés agissent plus par elles-mêmes. Mais si le mouvement de l'appétit suit l'acte du libre arbitre, c'est que le mouvement des puissances supérieures a été violent, et qu'il s'étend jusqu'aux puissances inférieures. Donc le péché produit sous l'influence de la passion peut être plus volontaire et plus grave.