‹ La Théologie de Saint ThomasChapitre 9 sur 155 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

sa providence et ses bienfaits. Vous dites qu'il ne peut tout savoir. Erreur! Lui, présent partout; lui, créateur et conservateur de tout, comment ignorerait-il quelque chose? Les Juifs, dites-vous, n'ont rien gagné à l'adorer. Vous vous trompez encore. Lisez leurs livres, ceux de Flavius Josèphe ou d'Antonius Julianus ; vous verrez que les Juifs, tant qu'ils ont observé la loi, ont été favorisés de Dieu et comblés de ses bienfaits. » Après avoir mis en contraste, d'une part, les incertitudes de la philosophie, la doctrine et la morale des païens ; de l'autre, les fondements inébranlables de la foi, la doctrine et la morale des chrétiens, il termine en disant : « Qu'avons-nous à désirer encore dans ce siècle où Dieu a daigné enfin se faire connaître ? Jouissons avec reconnaissance de ce bien précieux, réprimons la superstition, bannissons l'impiété et ne retenons parmi nous que la vraie religion. »

De tous les apologistes, celui dont l'argumentation est la plus vigoureuse et la plus puissante, c'est sans contredit Tertullien (1). Il fait appel aux magistrats, aux grands de l'empire, aux gouverneurs des provinces. « Si la vérité n'a plus aucun autre moyen de défense, permettez du moins qu'elle arrive à votre oreille par la muette écriture. Elle ne vient pas demander grâce, elle ne s'étonne même pas de sa destinée. Elle sait que quand on est sans asile sur la terre, il est naturel de trouver des ennemis parmi les étrangers. Elle ne désire, elle ne demande qu'une chose, c'est qu'on ne la condamne pas avant de l'avoir entendue. » Tout le monde sait comment il convainquit d'inconséquence {'ordonnance impériale qui défendait de rechercher les chré-

[{) Prêtre de Carthage, à la fin du deuxième siècle et au commencement du troisième.

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