‹ La théologie de TertullienChapitre 105 sur 455 · Ib. i · texte numérisé non relu

Ib. i

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atteint normalement par un sommeil modéré. Le sommeil d'Adam (Gen. 2, 21 sq) figurait déjà, dans la pensée de Dieu, la mort du Christ en croix ; chaque jour le sommeil met sous nos yeux limage de notre propre sépulture. Certains faits étranges ' de catalepsie et de cauchemar ont fait croire à une absence réelle de Fàme durant le sommeil : idée fausse, à rejeter comme un songe. INIais sur ce^s accidents du sommeil, qu'on nomme les songes -, il y a lieu d'exposer la doctrine chrétienne. Quand le corps s'abandonne au repos, lame cesse d'en gouverner les puissances : privée de cet objet qui l'occupe d'ordinaire, elle entre en état d'extase. — Tertullien, qui lisait dans les Septante Gen. 2, 21 le mot ExaTaai;, a soin de faire remarquer ce cai'actère du sommeil mystique d'Adam. — L'âme continue donc de s'agiter à la façon d'un gladiateur sans armes, et ce mouvement produit des visions imaginatives qui échappent au contrôle de la raison. Après avoir mis en relief la nature extatique des songes, l'auteur se demande si l'on peut par leur moyen connaître l'avenir. Epicure nie absolument. Homère, plus crédule, signale aux enfers une porte de corne pour les songes vrais, et ime porte d'ivoire pour les songes menteurs. L'histoire a enregistré des faits remarquables. Tertullien en cite quelques-uns, et renvoie à Hermippe de Béryte, qui a épuisé la question en cinq livres. Avec les sto'ïciens ', il pense que la divinité a voulu, pour la consolation de l'homme, cet oracle naturel des songes ^. Que les oracles en général soient diaboliques, on n'en saurait douter. Mais parmi les songes, il faut distinguer trois catégories *". D'abord les songes diaboliques : ils sont fort nombreux : songes parfois vrais, flatteurs surtout, mais en fin de compte vains, trompeurs, troublants, ridicules ou immondes. Puis les songes envoyés

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