‹ La théologie de TertullienChapitre 107 sur 455 · Platon, République, 1. 10. p. <)1 1 sq · texte numérisé non relu

Platon, République, 1. 10. p. <)1 1 sq

THÉOLOGIE DE TEKTLLLII-.N.

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n'ignore pas les faits qu'on allègue à l'encontre. Tel corps, sur lequel on récitait les oraisons de l'Église, a remué les mains et pris l'atlilude de la prière. Tel autre, dans un cimetière, s'est rangé pour faire place au corps qu'on déposait à ses côtés. Ces miracles ne prouvent rien contre le cours certain de la nature. La mort est tout entière, ou bien n"est pas. Où elle n'est pas, règne la vie. On ne conçoit pas plus un compromis entre la vie et la mort qu'entre le jour et la nuit.

La distinction ' entre mort naturelle ou ordinaire et mort extraordinaire ou violente est une pure affaire de sentiment : car, en rigueur il n'y a pas de mort naturelle. Conséquence du péché, c'est-à-dire d'un accident contre nature, la mort ne va pas sans un déchirement d'autant plus douloureux que l'union entre le corps et l'àme était plus naturelle et plus douce. Parfois, dans sa sortie laborieuse du corps ^, l'âme semble s'éteindre par degrés : illusion, due à la destruction progressive des organes qu'elle commandait. Ainsi un cocher paraît défaillir quand son attelage faiblit. Mais l'âme ne subit en réalité aucune diminution de son être. Et même dans cette lutte dernière, à demi dégagée du corps et déjà en possession d'une demi-liberté, elle acquiert souvent une vue anticipée des choses d'outretombe. Elle s'éveille à la vie divine, et, selon la destinée qui l'attend, tressaille de joie ou frissonne d'épouvante, en apercevant l'ange de Dieu, véritable Mercure évocateur des âmes.

La destinée de l'âme ^ est décrite diversement par les philosophes et par les chrétiens. Les philosophes qui croient à son immortalité, comme Pythagore, Empédocle, Platon, ou du moins à sa survie jusqu'à la conflagration de l'univers, comme les stoïciens ^', réservent aux seuls sages, c'est-à-dire à euxmêmes, les sphères supérieures du ciel. Encore Platon n'admet-il au partage de cette gloire que des âmes ayant joint à la philosophie le culte de la beauté juvénile ^. Quant aux âmes

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