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LE TRAITÉ « DE ANIMA

Par une exégèse d'ailleurs singulièrement matérielle, il a précisé la donnée scripturaire (4 sq) ; il a même cru trouver attestée dans rÉvangile la nature corporelle de l'âme (7). L'âme lui apparaissait dans les Livres saints comme immortelle. Décrivant ses propriétés, il l'a montrée, d'après saint Jean, visible aux yeux de l'esprit ^8). La révélation privée, venant ici compléter l'Ecriture authentique, lui a fourni des traits d'un réalisme étrange (9). Avec plus de justesse, il a maintenu, contre des scissions arbitraires, l'unité substantielle de l'âme (10 sq). Après avoir distingué bien subtilement flatus et spiritus, soufïïe et esprit, il a tiré de cette distinction une conclusion utile, en montrant que l'âme peut devenir le sujet de l'inspiration soit divine, soit diabolique (11). Il a reconnu dans l'homme une faculté reine, que, d'après l'Ecriture, il a cru devoir localiser dans le cœur (15). Il a bieir vu que la foi oblige à reconnaître deux ordres d'opérations : ordre rationnel et ordre irrationnel. Mais il a d'abord paru confondre ce qui, dans l'irrationnel, est puissance positive, avec l'élément négatif, pur désordre introduit par le péché (16). Sur cette équivoque il a greffé une théorie du péché originel que nous devrons discuter plus tard (16; cf. 40. 41). Se souvenant heureusement de la psychologie du Christ, il a redressé son erreur précédente. Il a vengé contre le scepticisme de l'Académie la véracité des sens corporels, appelés à poser les bases de toute vie intellectuelle, morale et chrétienne (17 , et montré le rôle de la connaissance sensible dans l'économie du salut (18). Par un juste sentiment des prérogatives de l'âme intellectuelle, il a protesté contre l'intervention, à l'origine de l'être humain, d'un principe vital inférieur; d'ailleurs il n'a pas su se garder de quelque exagération sur les opérations intellectuelles du premier âge (19). 11 a bien compris l'évolution de l'individu, selon la nature et selon la grâce, avec l'exercice du libre arbitre.

Revenant à l'origine de l'âme, il a condamné au nom de la foi les rêveries platoniciennes sur la préexistence et la réminiscence (24;. Il a produit des témoignages scripturaires qui prouvent péremptoirement l'animation de l'enfant dès le sein maternel (26; cf. 37); mais il natrouvé d'autre explication à la genèse du composé humain qu'un grossier traducianisme (27).

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lia fait le procès de la métempsycose au nom de la raison et au nom de la justice divine 28-35). Il a proclamé le genre humain issu, non seulement d'un même couple primitif, mais du seul Adam, principe de tous les corps et de toutes les âmes : la pensée d'une création immédiate de l'àme spiritu(^lle ne s'est pas présentée à son esprit 30). Aux superstitions ([ui entourent la naissance des païens, il a opposé la foi à une Providence spéciale sur le nouveau-n('' (37). 11 a commenté le mot de saint Paul relatif aux enfants sanctifiés par le christianisme du père ou de la mère |39), sans d'ailleurs oublier la tache originelle, que toute àme apporte en naissant (40) et qui ne disparaîtra que par le baptême (41 1. Il a rappelé que lame est une maîtresse et que la chair doit obéir.

Avant d'attaquer la question des fins dernières, Terlullien rencontre sur son chemin la question du sommeil, miroir de la mort. A cette fonction de la nature, Dieu associa des opérations de grâce, comme dans le sommeil mystique du premier Adam, figurant la mort du Christ en croix (43). Les songes manifestent parfois l'avenir^ : Tertullien expose là-dessus la doctrine chrétienne, avec l'utilité du jeûne pour obtenir les communications de l'Esprit divin (45-48). La mort est historiquement une conséquence du péché originel (50-52 . La sentence portée par Dieu n'admet pas d'exception. La mort opère la séparation de l'àme et du corps 51). Il faut y voir, non une ruine pour l'àme, mais une délivrance : le don de seconde vue qu'acquièrent parfois les mourants en fournit la preuve (53). Tertullien décrit d'après les Livres saints les enfers, sans distinguer bien nettement ce lieu d'attente où l'âme de Jésus-Christ passa trois jours avec les anciens patriarches, du lieu de supplice destiné aux damnés. Ce qu'il afTirme expressément, c'est que le paradis ne s'ouvre pas au moment de la mort, sauf pour les âmes des martyrs. Il cite la vision de saint

1. Voii-.S'/). 20, l'histoire d'une feimiie chrétienne qui était allée au théâtre. La nuit suivante un linceul lui fut montré en songe. Quatre jours après elle mourait. — Mol. 15 : Un chrétien, poui- avoir lai.ssé couronner sa porte un jour de l'été, reçoit en songe une admonestation s('vére. — r. V. 17 : Une chi'étienne trop élégante est avertie par un ange d'avoir à ])0iler un plus grand voile.

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