Ap. 48: Tesl
2. Nos autem aaimam coi'i)oraloui et hic prolitemiii' et in suo voiuminc probamus, liabentem proprium genus substantiae soliditatis, per quaiii quid et sentire et pati possit.
3. Avant do défendre contre les hérétiques la résurrection corporelle, Tertullien l'avait atlirméc en face des païens dans son Apologétique (48). Il ne sera pas sans intérêt do remettre cette vigoureuse ébauche en regard du tableau délinitif. Celui-ci se distingue par quelques traits, qu'explique soit la différence des l^uts poursuivis, soit le progrès de la l'éllexion chez l'apologiste. Voici, dans ses grandes lignes, l'ancien di'veloppement :
Bien des gens croiraient volontiers à la métempsycose, enseignée par l'ythagore; qu'un chrétien v'onne à parler de résun-ection corporelle, on jette les hauts cris. Pourtant, si les âmes sont destinées à rentrer dans des corps, n'est-il pas plus naturel (pie ce soit dans ceux qu'elles ont déjà animés? Dans l'hypotliése contraire, on ne voit pas ce (lue devient la i)ersonno. Les éciianges qui se produii-aient alors offrent matière à d'intarissables plaisanteries. Tertullien i)asse outre, et indique la raison décisive d'attribuer les mémos corps aux mêmes àmos : c'est la perspective du jugement divin. Voilà pourquoi Dieu réforme la personne humaine; le corps est ici nécessaire, et l'apologiste en donne deux prouves d'inégale valeur : 1" l'àme ne peut rien siuitir sans être liée à une matière stable : Xeque pâli quuquam polest anima sola sine aUibill maleria, i. e. carne; 2" comme elle était unie au corps pour le mérite ou le démérite, elle doit l'être aussi pour la sanction. Le fait do la résurrection supposé admis, reste à indiquer le comment. Et pourquoi serait-il plus diflicile au Créateur do reconstituer l'homme que dt' le tirer une première fois du néant? Dieu, qui anime do son souffle tout ce qui a vie, peut ranimer une matière inerte. Il a d'ailleurs marqué sa puissance à cet égartl dans la succession des nuits et des jours, dans le renouveau dos saisons, dans la circulation de la vie végétale. Que l'homme se rassure tlonc : où qu'elle soit, sa sult-
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En somme, toul concouii ' à i)rouvei' la résurrection corporelle : dignité de la chair, omnipotence divine, analogies naturelles, exigences du jugement divin. Ces considérations servent de préface à la preuve scripturaire qui remplit les deux derniers tiers du traité. Les textes que Tertullien va produire visent-ils seulement l'âme, comme le prétendent les hérétiques, ou bien aussi le corps? Désormais toute la question est là.
Dieu la décrété : les morts ressusciteront. Edictuni Dei pendet, resiirrectio inortuorum. Or ce décret vise certainement le corps. Quand Dieu prononçait sur l'humanité la sentence de mort (Gen.3, 19 , il s'agissait bien du corps. Quand le Christ dit aux Juifs (Joan. 2, 19) : Détruisez ce temple et en trois jours je le relèverai, il parlait de relever ce qu'on aurait détruit, c'est-à-dire son corps. On doit prendre les mots - comme ils sonnent, et ne pas se lancer dans les interprétations allégoriques. Sans doute il y a dans l'Ecriture des allégories ^, mais pas partout ni à tout propos '*. Les textes nombreux qui concernent la résurrection doivent s'entendre sans aucune figure ; un point si fondamental pour la doctrine chrétienne a dû être proposé avec une clarté absolue. Impossible d y voir '\ soit une illumination de lame par la grâce de la foi, soit une glorification immédiate de cette âme après
.stancc se retrouvera : Dieu est le maître de tout et du néant même. Ubicvmque resohtlus fucris, quaecumque te maleriu destruxeril, hauseril, abolererit, in nihilum prodeQerit, reddel le. Ejus est nihilum ipsum eu jus et totum. Mais peut-être faudra-t-il indéfiniment mourir et renaître? L'auteur de la nature aurait pu l'établir ainsi: mais nous savons qu'il ne l'a pas fait. La même variété qu'on remarque dans toute son œuvre apparaît jusque dans le partage de la \-ie et de la mort. La vie pn'sente nous introduit à un ordre de choses di-finitif, et le dernier jour de ce monde s'achèvera sur le grand lever de rideau de l'éternité. Le genre humain régénéré recueillera dans une vie nouvelle le fruit de ses œu\ res : les élus près de Dieu, transfigurés; les damnés livrés au feu vengeur de la justice divine, feu plus inextinguible que celui des volcans.
Notons encore qu'au dernier livre contre Marcion, Tertullien résumera son traité De resurrectione caniis: \o'\v 5 .1/. 'J-l<).