‹ La théologie de TertullienChapitre 150 sur 455 · LES DEUX CHRISTS DE MAHCIOX · texte numérisé non relu

LES DEUX CHRISTS DE MAHCIOX

L'examen de VApostolicnm mareionile ' , c'est-à-dire du recueil, également mutilé, de saint Paul-, remplit le V*" livre contre Marcion. Marcion reconnaît saint Paul pour l'apôtre du Christ. Mais où sont les titres de son apostolat? dans les Écritures du Créateur, et Tertullien retrouve enluilapôtre du Créateur.

Epitre aiLx Galates'^. — Tout le monde reconnaît l'importance capitale de cette épître contre les rites judaïques. Elle traite à fond l'abrogation de la Loi ancienne par le Créateur, abrogation prédite par les prophètes et proclamée parle Christ (Luc. 16, 16 : dans l'hypothèse marcionite, c'était le cas ou jamais de notifier la déchéance de l'ancien Dieu et l'avènement du nouveau. Or il n'en est pas question. Cette épître vise la substitution d'une économie à une autre, sous l'autorité du même Dieu créateur. L'erreur des Galates consistait précisément à nier que ce Dieu ait pu défaire son propre ouvrage, et IWpôtre s'applique à détruire cette erreur. S'il y avait eu changement de Dieu, le changement d'économie allait de soi. L'Apôtre pose la question sur son vrai terrain en reprochant aux Galates de se laisser entraîner à un autre évangile (1, 6. 7), ce qui ne veut pas dire à un autre Dieu. 11 rappelle que l'Evangile du Christ était promis par les prophètes (Is. 40, 9; 52, 7 ; 42, 4. 6). Sur les rites mosaïques ', il confirme le récit des Actes, attestant que les apôtres ne crurent pas devoir imposer aux fidèles un joug que leurs pères n'avaient pu porter (Act. 15, 5 sq). Paul était venu à Jérusalem se concerter avec Pierre et les autres apôtres ; malgré riiumeur ombrageuse de certains faux frères, qui se donnaient la mission de surveiller l'Eglise naissante pour l'enchaîner à la Loi, il ne crut pas devoir circoncire Tite; il céda néanmoins dans le cas de Timothée'' (Act. 16, 3 ; il le fit par mesure de prudence, sans d'ailleurs aller dans cette voie aussi loin que Pierre, qui tenait

2. Sur le caractère de VAposlolicum marcionite, voii'ch. V, '^^i, p. 227.

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