LES DEUX CHRISTS DE MARCIOX
2*^ E pitre aux Corinthiens '. — Saint Paul débute ainsi : Béni soit le Dieu de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Père des miséricordes 1, 3 . A qui peut convenir cette appellation, sinon au Dieu créateur, qui apparaît dans l'Ecriture comme une source de bénédictions (Gen. 1 , comme béni par les œuvres de ses mains (Dan. 3 , signalé par tant de traits de miséricorde Jon. 3.4; 4 Reg. 20; 3 Reg. 21, 29; 2 Reg. 12), qui préfère à la mort du pécheur sa conversion (Ez. 33. 11:? Du dieu marcionite,il n'était pas question avant la venue du Christ. L'A. T. était la lettre qui tue, le N. T. est l'esprit qui vivifie (3, 6). Le voile qui couvrait la face de Moïse figure l'aveuglement des Juifs (3, 16). II appartient aux chrétiens de contem.pler à découvert la gloire du Seigneur, méconnue par les infidèles de ce siècle '■^. Cette révélation est l'œuvre de ce même Dieu qui a dit au commencement : que la lumière soit, qui a envoyé le Christ illuminateur (4, 6). Les vases de terre où nous portons le trésor divin (4, 7), ce sont nos corps que nous tenons du Créateur, dans lesquels nous devons manifester, par notre patience, la vie et la vertu du Christ 4, 10.11 . ranimant en nous l'homme intérieur par la contemplation des promesses divines (4, 17,18). Nous n'avons pas ici de demeure permanente ^; mais après la ruine de l'homme terrestre, nous attendons un revêtement de gloire 5, 1.2 , Tous doivent être présentés au tribunal du Christ, en corps et en âme, pour y recevoir le prix de leurs œuvres (5, 10). Voilà pourquoi l'Apôtre nous excite à purifier en nous toutes les souillures de la chair et du sang (7, 1). Car l'Eglise, épouse du Christ, doit être sans tache (11, 2). En finissant, il menace, carie Dieu qu'il annonce veut être craint (13).
lipître aux Romains '. — Après avoir si souvent réfuté le dithéisme marcionite, Tertullien éprouve quelque embarras à revenir encore sur la Loi. pour la revendiquer au nom du Dieu du \. T. Mais la nature delà controverse l'y oblige. Dans cette épître aux Romains, Marcion a, plus que partout ailleurs, pratiqué des trous ' foçeas)\ néanmoins il en a laissé subsister plus
2. Sur l'exégèse de ce verset (4, 4) voir eh. V, ^ 3, p. 247.