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il monlre comment les prophètes avaient annoncé deux avènements distincts du même Christ. Le premier avènement s'est accompli, dans riiumilit('' d'une condition mortcHe; le second doit s'accomplir à la fin des temps, dans la révélation sublime de la divinité. Ce fut le crime et le malheur des Juifs de ne croire qu'à l'avènement glorieux. Cependant le Christ a signalé sa venue par des miracles, rpi ils n'ont pu nier. Plutôt que de se rendre, ils l'accusèrent de magie. Leurs docteurs, qu'il confondait, se vengèrent en le déférant à Pilate, et arrachant contre lui une sentence de mort. Les prophètes l'avaient prédit, et lui-même lavait répété : il devait e^jpirer en croix. Sa mort fut marquée par de nouveaux prodiges : le troisième jour, il ressuscitait. Le fait n'a pu être démenti, malgré les efforts des premiers entre les Juifs pour donner le change à l'opinion. Le Christ aurait pu se produire devant tout le peuple, et imposer le fait de sa résurrection avec une clarté aveuglante ; mais il importait de ne pas ravir à la foi son mérite ; c'est pourquoi il se contenta de fournir à la bonne volonté des motifs suffisants de croire, sans aller jusqu'à contraindre les esprits rebelles. Après quarante jours passés parmi les siens, à les instruire de la doctrine qu'ils devaient répandre par le monde, le Christ s'éleva au ciel sur une nuée. Telle est, en raccourci, l'histoire évangélique. Au lendemain des événements, Pilate en écrivit à Tibère. Les disciples du Christ l'attestèrent aussi. Non contents de braver les persécutions des Juifs, ils portèrent la parole de leur Maître i)ar l'univers entier, et jusque dans Rome, oîi, sous Néron, ils l'implantèrent avec leur sang. L'apologiste se réserve de faire déposer, en faveur de la vérité chrétienne, les démons eux-mêmes, ces dieux du paganisme. Si l'on récuse tant de témoignages, au moins doit-on admettre la sincérité des chrétiens : nul ne doit être soupçonné gratuitement de mentir sur l'objet de son culte, car pareil mensonge impliquerait une apostasie. Or au milieu même des supplices que leur inflige une barbarie aveugle, les chrétiens protestent qu'en suivant la doctrine du Christ ils honorent Dieu. Si l'on ne voit dans le Christ qu'un homme, et un fondateur de religion comme tant d'autres, on ne peut pas refuser à son œuvre le bénéfice du droit commun. Sans parler des Juifs, qui honorent Dieu
PROPHETIES MESSIANIQUES. ô
selon la loi de Moïse, les divers peuples de la Grèce nomment les hiérophantes qui les ont instruits : ici Orphée, là Musée, ailleurs Mélampus ou Trophonius; les Romains ont Numa. Le Christ a fait comme tous ces initiateurs célèbres, avec cette différence qu'il avait le droit de prétendre à la divinité, et qu'au lieu d'apprivoiser des barbares, il a ouvert à la vérité les yeux d'hommes fort civilisés déjà. Toutes ces religions doivent être jugées à l'œuvre. Or tandis que la valeur hors pair de la prédication chrétienne éclate dans la réforme des mœurs, les autres doctrines cherchent en vain, par des prodiges et des oracles menteurs, à produire l'illusion de la divinité.
En somme trois témoignages sont invoqués par Tertullien touchant la divinité du Christ : témoignage des prophéties de l'Ancien Testament, témoignage des miracles évangéliques, témoignage des annales de l'Eglise primitive. Sur ces trois preuves, qu'on a vues condensées en un passage de liVpologétique, on trouve bien des développements épars dans ses écrits, où il nous faut les rechercher.
Tertullien voit dans l'Ancien Testament la préface de l'Evangile. Le Dieu unique, créateur du monde ', non content de se révéler par ses œuvres à toute àme droite, a voulu documenter surabondamment la foi du genre humain. C'est pourquoi, dès les premiers temps du monde, il a envoyé les prophètes -, hommes justes et remplis de l'Esprit divin, pour enseigner l'unité de Dieu, la création du monde et de l'homme, la providence, la loi morale, le jugement, la résurrection des corps, la vie éternelle et le feu inextinguible. Ces dogmes sont révélés de Dieu, véritable Prométhée qui s'est fait l'éducateur de l'homme. Bien des gens en rient; il fut un temps où Tertullien lui-même en riait; car on ne naît pas chrétien. Maisla parole des prophètes demeure, avec le récit des miracles qui les accrédi-
l.Ap. 17.
,'. A//. 1<S. — Comparor saint .liisfin, 1 Ap. ol ; iJial.
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taient. Le recueil des Ecritures juives n'est plus pour personne un livre fermé : traduites de Fhébreu en grec, par les soins de Ptolémée Philadelphe, elles se trouvent, texte et traduction, dans les bibliothèques. Chacun peut les aller lire au Sérapéum dAlexandrie ; on peut encore les aller entendre dans les synagogues, le jour du sabbat. Ainsi l'on trouvera Dieu; quiconque voudra s'appliquer à comprendre se verra forcé de croire ^
Telle est l'histoire de l'A. T. et sa fin providentielle. Reste à établir son autorité humaine et divine.
L'autorité humafne des lettres juives résulte de leur incomparable antiquité -. Tertullien sadresse à des hommes qui ont le culte des origines lointaines et le respect de la chronologie ; et il les met au défi de découvrir, fût-ce dans les archives des temples les plus fameux, aucun document qu'on puisse mettre en parallèle avec les Livres Saints. Moïse est contemporain d'Inachus ; il est antérieur de quatre siècles à Danaûs, de dix à la ruine de Troie, donc — du moins selon certains auteurs — de quinze à Homère. Les autres prophètes, pour être postérieurs à Moïse, nen sont pas moins les aînés, tout au plus les contemporains, des premiers sages, législateurs et historiens profanes ^. La preuve en serait longue : il faudrait interroger les monuments deTF^gypte, delaChaldée, delaPhénicie, appeleren témoignage pour l'Egypte Manéthon, pour la Chaldée Bérose, pour la Phénicie Hiram roi deTyr; puis leurs successeurs, Ptolémée de Mendès, Ménandre d'Ephèse, Démétrius de Phalère,
1. Qui audierit, invenietDeum; qui etiam studuerit intellegere, cogetur pt credei'p.