‹ La théologie de TertullienChapitre 164 sur 455 · L HUMANITE DU CHRIST · texte numérisé non relu

L HUMANITE DU CHRIST

la chair était chair; l'une et Taulre apparaît dans l'Evangile avec ses fonctions propres : l'âme triste jusqu'à la mort dans la passion (Mat. 26, 38), la chair livrée pour le salut du monde (Joan. 6, 52). Toutes deux ont concouru, selon leur nature, à l'œuvre de la Rédemption,

Voici encore une autre invention des valentiniens ' : le Christ portait en lui un ange. A quoi bon? Il n'avait pas mission de son Père pour sauver les anges: quant à sauver les hommes, il y suffisait, et n'avait que faire du concours d'un ange. Que si, dans l'Écriture, il est appelé Ange du grand conseil^, c'est là un nom de fonction, ce n'est pas un nom de nature, comme lorsqu'il s'agit de tel ange, appelé Gabriel ou Michel. De même qu'il envoie des serviteurs, le Père a pu envoyer son Fils ; à ce litre, le Fils est ange ou messager du Père; mais l'Écriture exclut l'idée d'un ange présent en lui (Ps. 8, 6). Peut-être quelqu'un s'avisera- t-il, avec Ebion, de voir dans le Christ un pur homme issu de David, et nullement le Fils de Dieu : alors il pourra concevoir un ange parlant en lui, comme l'ange qui parlait intérieurement au prophète Zacharie (Zacli. 1, 9. 14). Mais 1 Écriture met d'ailleurs assez de distance entre le Christ et les anges ou autres envoyés de Dieu fis. 63, 9).

Valentin pouvait •'* attribuer au Christ une chair spirituelle [caro spiritalis], il pouvait lui attribuer n'importe quoi, dès lors qu'il avait résolu de fermer l'oreille à la voix du Christ luimême, se déclarant homme et fils de l'homme (Joan. 8, 40; Mat. 12, 8), à la voix des prophètes (Is. 53, 3; Jer. 17, 9 ; Dan. 7, 13), à la voix des apôtres (1 Tim. 2, 5; Act. 2, 22). Ces témoignages auraient dû exclure le doute relativement au corps du Christ; corps humain et non spirituel, ni psychique, ni sidéral, ni imaginaire. Mais Alexandre le valentinien se scandalise à ridée que le Christ se soit uni un corps d'origine terrestre, donc inférieur à la substance angélique. Il suppose que sa naissance ne pouvait échapper à la loi de la concupiscence, qui souille toute naissance humaine. Enfin il ne comprend pas que,

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