Ib
2. Is.9. 0 (Septante). —Cf. K. P. Lagi'ango, Vanrje de lahvé, dans H. L'., t. 12 (1003), p. 212 sq. Voir infr. c. V, G 3, p. 237.
192 THÉOLOGIE DE TERTULLIEX.
si riiumanité du Christ et la nôtre ont même origine, elles n'aient pas aussi même sort : il voudrait voir Ihomme admis sans relard à la résurrection et au triomphe céleste. Cet hérétique parle en païen ; sa foi est aussi vide que l'infidélité païenne, et elle est plus coupable, car le païen rend un hommage involontaire à l'Ecriture dont il vérifie les oracles, l'hérétique en méconnaît les textes Jcs plus clairs ^ (Ps. 8. 6; 21 ; Is. 53 . 11 admet riIomme-Dieu et il rejette l'homme. Il croit à sa mort, et rejette la corruption, comme si la mort était autre chose. Il ne souffre pas de retard à la résurrection. Prenez patience : le Christ attend, pour triompher avec ses amis, d'avoir accablé ses ennemis.
Le même Alexandre prête aux catholiques le raisonnement suivant^ : Le Christ devait justifier en lui-même la chair de péché ; voilà pourquoi il a pris une chair d'origine terrestre. Les catholiques se gardent bien de telles absurdités. D'abord ils ne disent pas que la propre chair du Christ fut une chair de péché, cette chair que la foi leur montre assise dans le ciel à la droite du Père et revenant glorieuse au dernier jour. Puis, comme ils la savent exempte de péché, ils ne parlent pas de sa justification; ils distinguent soigneusement la chair et le péché, la substance et la coulpe^. En réalité, selon saint Paul (Rom. 8, 3), le Christ a pris une chair semblable à celle qui est en nous chair de péché ^; et par là il a pu délivrer la nôtre du péché. Quant à ceux qui répugnent à croire que Jésus n'eût pas de père, il suffit de leur rappeler l'exemple d'Adam, fait homme par un mot de Dieu.
La réalité de l'Incarnation ^ ressort suffisamment de la vie
1. Numquid enim inter illos clistat, nisi quod etlinici non credeudo crcdunt, at haeretici credendo non credimf? — On peut hésitei* sur le sens de cette antithèse. Nous avons suivi Neander-, p. 380.
3. Defendlmus autem non carnem peccati evacuatam esse in Christo, . sed peccatum carnis; non materiam, sed naturam; nec substantiam, sod culpam... eam fuisse carnem in Christo cujus natura est in honiine peccatrix ; et sic in illa peccatum evacuatum, quod in Cliristo sine peccato habeatur quae in homine sine peccato non habobatur.
4. Ib. Nostram enim induens, suam fccit ; suam l'aciens, non peccatricem eam fecit. — Cf. 5 M. 14, ci-dessus, p. 182.