‹ La théologie de TertullienChapitre 166 sur 455 · MARIE · texte numérisé non relu

MARIE

et de la passion du Christ. Pour achever la démonstration, Tertullien s'attache, dans les dernières pages du De carne Christi, à prouver que le Christ naquit dune vierge.

Cette nativité, contraire au cours ordinaire de la nature, était un signe promis par Dieu (Is. 7, 14 : signe de la régénération spirituelle apportée par le Dieu incarné à l'humanité, signe préparé de longue main par les figures de FA. T. De même que le corps d'Adam fut formé d'une terre vierge, ainsi le Christ, nouvel Adam, devait naître d'une mère vierge. Eve était vierge encore quand pénétra dans son sein la parole de mort : Marie devait être vierge pour accueillir le Verbe de vie '. Eve avait cru au serpent : Marie devait croire à Gabriel. Eve, condamnée aux enfantements douloureux, donna le jour à Caïn, démon fratricide : Marie devait mettre au monde Jésus, frère, victime et sauveur d'Israël. [Niais la grande raison- pour laquelle le Fils de Dieu ne pouvait avoir ici-bas de père, c'est qu'autrement il ne se distinguerait pas de l'humanité ; il ne serait rien de plus que Salomon ou que Jonas (contrairement à Mat. 12, 41. 42 , et rien n'empêcherait d'admettre lébionisme. Homme-Dieu, il ne procède que de Marie selon la chair, que de Dieu selon l'esprit ^.

Les valentiniens respectent la virginité de Marie; mais ils suppriment sa maternité. Jouant sur les mots, ils consentent que le Christ ait passé par le sein de la Vierge, pourvu qu'il ne doive rien à la substance de la Vierge [de Virgine, non ex Virgine). Or selon saint Jean (Joan. 1, 14), le Verbe s'est fait chair; il a dû pour cela emprunter une chair étrangère ; et on lit dans le même évangile (3, 6) : ce qui naît de la chair est chair, ce qui naît de l'esprit est esprit. Cette double sentence convient éminemment à la double génération du Christ, selon l'esprit et selon la cliair. On doit donc croire que, comme selon

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