‹ La théologie de TertullienChapitre 18 sur 455 · Ap · texte numérisé non relu

Ap

4. Idoneuni, opinor, testimoniuin divinitatis voritas divinationis.

8 TIIKOLOiJIli; DF. TEIITL'LLII'X.

Le tableau que Tertullien vient de tracer du monde romain à la fin du ii'' siècle ne saurait être accusé d'infidélité. Néanmoins il n'est guère de siècle qui, plus ou inoins, ne puisse invoquer de pareils signes, et l'on ne s'expliquerait pas l'importance qu'y attache l'apologiste s'il n'était, comme beaucoup de ses contemporains, sous l'influence des idées qui lui montraient la fin du monde à brève échance. Ces idées, nous les retrouverons plus d'une fois; constatons qu'ici elles l'ont égaré dans une direction fausse, en le détournant de ce qui avait une tout autre valeur pour l'apologétique chrétienne : nous voulons dire la vie et la mort du Christ, décrites dans l'Ancien Testament. Tertullien y arrive l'instant d'après. S'adressant à des païens qui connaissent peu les prophètes, il ne donne pas présentement à cette preuve tout le développement qu'elle comporte ; mais nous sommes en droit d'aller chercher ce développement là où il se trouve, c'est-à-dire dans ses livres de controverse juive et de controverse chrétienne.

Le traité Adçersiis Judaeos a précisément pour objet de recueillir dans l'Ancien Testament les traits qui caractérisent le Messie, et de comparer à cette image prophétique le personnage historique de Jésus-Christ. Auteur d'une nouvelle Loi, héritier d'un nouveau Testament, prêtre de nouveaux sacrifices, purificateur d'une nouvelle circoncision, adorateur d'un sabbat éternel, tel apparaît le Messie dans les prophètes '. Le Messie est-il venu? C'est le nœud de la controverse entre chrétiens et juifs. Saint Justin s'était appliqué à le trancher, dans le dialogue avecTryphon. Un demi-siècle après lui, Tertullien reprit la même discussion dans cet écrit, auquel peut-être il n'a pas mis la dernière main ^. Dans l'Antimarcion. la même contro-

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