Monceaux, p
l'écriture. — TEXTE. 233
car il les cite elles discute : versions de la Genèse ', des évangiles de saint Luc"^ et de saint Jean^, de l'épître aux Galates ', delà f"^ aux Corinthiens'*. D'où venaient ces textes, et de quelle autorité jouissaient-ils dans léglise d'Afrique ? Tertullien n"a pas pris soin de nous le dire, et l'on ne peut arriver là- dessus qu'à des probabilités.
Quand on songe quels liens étroits rattacliaient l'église de Cartilage à l'église de Rome, on imagine volontiers que Cartilage avait reçu de Rome ses Livres saints, avec ses pre- ■"miers apôtres. Mais d'autre part on sait que l'église de Rome, durant deux siècles environ, parla grec; de plus la propagation de l'Evangile se faisait au moyen de la parole, plus que des documents écrits; enfin il ne faut pas voir dans la traduction des Livres saints en langue vulgaire une entreprise conduite avec méthode par les soins de l'autorité ecclésiastique; deux siècles plus tard, saint Augustin constate que tout le monde y a mis la main "^ : quiconque savait tant soit peu les deux lang'ues grecque et latine, se mêlait de traduire l'Ecriture, et il en est résulté d'innombrables essais, de valeur évidemment très inégale. Ces traducteurs de rencontre pouvaient surgir à Cartilage aussi bien qu'à Rome, et si l'origine africaine des versions citées par Tertullien n'est pas démontrée, du moins elle n'a rien d'invraisemblable. Quoi qu'il en soit, nous trouvons pour la première fois les Livres saints aux mains des fidèles dans la Passion des Scillitains, martyrisés l'an 180 après Jésus-Christ. Ces confesseurs, gens de condition et d'éducation moyenne, avaient dans leur bagage les évangiles et les épîtres de saint Paul ' : il y a tout lieu de croire qu'ils les