‹ La théologie de TertullienChapitre 210 sur 455 · Monotj · texte numérisé non relu

Monotj

6. De duclrinachrisliana. 2, 11 : Qui i-iiiiii Scriptiiras ex liobraca liiigiia iu graecam vorteriint, mnnerari possiint: latiiii aiitciu iiite.i-pretr.s niillo modo. Ut cniin (•ni(|iie priniis fidei toMiporibus in niaiius vouit codex gvav- ••u.s, ot ali(juautuliiiii facultatis sibi utriusquo lingiiae haboro videbatur, ausus est interpretari.

l.Passio maiii/rum Scillitationim, dans Analecla BoUundiamt, t.8(I8iS*»), p. 7 : Venerandi libri Ici^is divinae et epistolae l'etri apostoli viri justi.

234 THÉOLOGIE DE TERTL'LLIEN.

lisaient vn latin. Donc une bonne partie du >«'. T. était déjà traduite. Vingt ans après, Tertullien sème dans ses écrits d'innombrables citations bibliques. Il le fait en liomme qui ne tient ])as à la lettre, et les mêmes versets reparaissent souvent chez lui avec des variantes notables ' : cela ne prouve pas qu'il n'usait point de versions toutes faites — nous avons vu le contraire, — mais cela prouve qu'aucune version ne s'imposait comme texte officiel. Un demi-siècle plus tard, saint Cyprien sentira le besoin de mettre un peu d'ordre dans ce chaos ; il adoptera une version, dont une partie au moins paraît avoir été ancienne, et donnera personnellement l'exemple de la fidélité à un texte unique. jNIais il n'aura pas le temps ou le pouvoir d'imposer cette pratique autour de lui, et l'anarchie qu'il avait essayé de combattre reprendra bientôt le dessus. La Bible africaine officielle rêvée par saint Cyprien n'existera jamais, et saint Augustin traitera les textes avec la même désinvolture que Tertullien.

Un examen attentif permet de désigner avec assurance plusieurs parties de l'Écriture traduites en latin pour les fidèles d'Afrique, dès le temps de Tertullien. La comparaison avec

— Le t<\\tc (dite par lîobinson (7". a. S. 1, 2, Cainbi'idgc. isi'l) autorise à lire Pauli au lieu de Pétri.

1. Voir les textes parallèles cités par Monceaux, p. 1U8 : Deut. 8, 12-14 (Jej. t) et 1 .1/. 15); Ps. 1. 1 {Spect. 3; 4 M. 42; Pud. 18): Is. 57, l.'iiSoorjj. 8 ; 3 M. 22 ; 4 M. 28) ; Act. 21, 13 [Scorp. 15 ; Fu;). (>) ; Rom. 8, 17. 18 (Scorp. 13; H. 40). — Nous ajoutons les suivants :

Ps. 44. 5. — Septante: ô^r^^iidzi et ôauiiaffTw; fj SeÇîa oou. /. 'J : Deducel le magnitudo dexlerae tuae; 3 M. 14 : Deducet te miriftce dexleratua.

Ps. 44, 6. — On lit J. 9 : Ense... quem tune chKjebatur super fémur apud David, quando venlurus in terras ex Dei Patris décréta nuntiabatur ; 3 M. 14 : Ense... quem lune jam cingebalur super fémur apud David, quandoque tnissurus in terram. Cette dernière version, employée contre un hérétique, renferme une allusion évangélique (Mat. 10, 34 : \un vent pacem miltere sed gladium) qu'on ne trouve pas dans la première.

Is. 42, 6. — Septante : 'Eôwxâ ae et; StaÔTQxriV yévou;, eI; ?w; èôvôiv. J. 12 : Dedi te in disposilionem generis met, in lucem genlium ; 3 M. 20 : Dedi te in. dispositionem generis in lucem nationum.

I>an. 7, 14. — nâv-rs; oi >,aoi, (py),al xat Y).w(j(Tat aOxw gouXsûffouffiv est rendu, ,/. 14 : Omnes nationes terrae secundum genus et oinnis gloria servienl illi; 3 .1/. 7 : Omnes nationes terrae secundum gênera et omnis gloria famulabunda (Noeldechen, T. U. 12, 2, p. 67).

Le livre de Rônsch, Das Neue Testament TcrtuUian's, foui-nira d'innombrables exemples.

l'écriture. — TEXTE. 235

saint Cyprien offre à cet égard un excellent critérium ' . Il n'est pas rare en effet que les deux auteurs citent les mêmes textes scripturaires en termes à peu près identiques. Quand ces termes sont ceux de notre Vulgate, l'accord n'a rien de très significatif: car les transcriptions successives, au cours du moyen âge, ont eu généralement pour effet d'altérer les citations scripturaires pour les conformer au texte de saint Jérôme. ^Slais quand ils s'en écartent, l'accord des deux docteurs africains sur une leçon singulière donne à penser qu'ils puisent à la même source. Or cela est particulièrement fréquent pour les livres suivants - : quant à l'A. T., Genèse, Deutéronoine, les quatre grands Prophètes, Proverbes, Psaumes; quant au N. T., Évangiles (au moins saint Luc et saint Jean ., principales Epltres de saint Paul, et, jusqu'à un certain point, Actes des Apûires. On est donc fondé à croire que ces livres figuraient dans la Bible latine de Tertullien.

Que cette Bible fût étroitement apparentée aux Septante, il est facile de s'en convaincre. Donnons quelques exemples.

Gen. 40, 5. — Le texte des Septante : lufj.îà)v y.al Asui àôs/'foi c'jv£T£),£(Tav àS'.y.t'av ÈEaipiaew; aÙTwv est rendu. ,/. 10 : Simeon et Levi pcrffcerunl iniquilalem ex sua secta: 3 .1/. 1<S :... ux xi'ci haeresi. (Voir Noeldechen, 7'. U. 12, 2, p. 67.)

Gen. 49, 6. — J. 10 : In concupiscenlia sua subnervaritnl taurum; 3 .1/. 18 : In concupiscenlia sua ceciderunl nervos lauro (Septante : èvsypox^Ttrjaav). La Vulgate porte : In volunlate sua suffoderunt murum.

1. Keg. 1. 11^. — Et vlnum et ebriamen non bibet. Ce vœu de la mère de Samuel se lit dans les Septante, et non dans la Vulgate.

Is. 3, 10 '. — VenUe,auferamus justvin quia inutUis est nobis. Ce texte, l'orl

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