‹ La théologie de TertullienChapitre 214 sur 455 · Prax · texte numérisé non relu

Prax

238 Tiii;()i.()(;ii: di: tjliîtli.likx.

Gai '. 3, 11. ]\larcionsuj)iiriniait la iiiontioii d'Abraliani. Il sui)priinait :î, Uj-:ii). Il soudait un lambeau de 3, 15 {secundum lnjininem dico) à 4, 3.

Roui. — Cotte épiti'o avait été particulièrement malti-aitée par l'hérétique. Tertullien lui oppose le texte intég-ral- : Quautas autem foveas in ista vel niaxinic cpistula Marcion fecerit, aul'ercndo quae vohiit, de nostri instru menti integritatc parebit.

1 Cor. 15, '15 3. — . Fuclus primua liomo Adam in animam viinim, novixximus Adam in spirilum vivificantcnu Sur ce \erset, Tertullien i-eléve un taux de Marcion : Sluliissimus /laerelirus... Domimnn posuit novissimitm pro novissimo Adam. Faux maladroit, qui trahit l'intention de défendre la doctrine des deux Christs, et qui ruine la sj'métrie île la pensée.

Eph. i, 14''. — (C/iristus) ipse exl, inquil, pax nofilra, qui fecil duo unum, judaicum se. populum et geniilem, quod prope el quod lon;/e, solulu medio jmriele inimiciliae in carne sua. Marcion avait supprimé sua, qui condamne son docétisme.

Eph. 2, 20. -^ Superaedificaii super fundamentum apostolorum el prophelanim. Marcion avait suppi-imc et jjrophelarum, qui montre l'unité du plan divin à travers les deux Testaments.

Eph. 3, 8. 9". — Dalam inquil sibi Aposlolm rjraliam novissimo omnium, illuminandi omnes, quae dispensatio sacramenli occulli ab aevis in Deo qui umnia condidit. Marcion effaçait la préjiosition //;, et faisait le Dieu créateur ignorant de ce qui a été révélé aux ministres du dieu nouveau.

Eph. 6, 2. — Obaudiant cl parentibus filii... hoc est enim primum in promissione praeceptum. Saint Paul ne fait ici que rééditer un précepte de l'A. T. (Ex. 20, 12), les derniers mots du texte le constatent : ]Marcion les avait supprimés.

1 Thess. 2, 15". — {.Judaei) Dominum înterfecerunl, el prophetas [suos''j. A Va faveur sans doute de Fambiguité du texte grec : Twv -/.a; tôv KOpiov àTToxTïtvdcvTwv 'Iy](70'jv -/.ai xoù; Tipoçrixaç, Marcion avait dû insérer un pronom rétléchi — toù? (l«yTc5v) npo^iiiTa; — ce qui permettait de séparer la cause de .Jésus de celle des prophètes. Tertullien dénonce cette interpolation tendancieuse.

Dans le N. T. , Tertullien présente , comme dans l'A. , des leçons particulières. 11 intervertit deux demandes du Pater '' : cette anomalie n était sans doute pas générale en Afrique, car on ne la re-

7. La 2'' et la 3'". — (Or. l et 5, et, île nouveau, 0). Il n'a d'ailleurs pas eu d'autre occasion de citer ce verset, Mat. 0, 10. — Ronsch, p. 8U. 59J.

l'ÉCRITLIU':. TEXTE. 230

trouve pas chez saint Cyprien qui. lui aussi, commenta l'Oraison dominicale. — Voici deux variantes notables du 4'' évangile :

Joan, 1, 3. Omniaper illmn fada sunl, el sine illu faclum est nihtl '. — Dans ses nombreuses allusions à ce texte, Tertullion omet constamment d"y rattacher les mots : quod faclum est. On doit en conclure que, dans sa pensée, ces mots appartenaient à la phrase suivante, contraij'ement à la Vulgate, mais conformément à beaucoup de textes anciens (Clément Alex., Novatien, de Trhi. 13. 10. 21, Ambros., Scrm. M. 20 m Ps. 118; etc.; Verc. Veron. Corb. utevque, Palat. Gat. Gall. Brix. — Ajouter la PeshiUo d'après F. C. Burkitt, dans J. T. S. 4 (april 1903) i). 43G-43S).

Joan. 3, 6 -. — Quod in carne natum est, caro est (quia ex carne natuvi est): ... et quod de spirilu natum est, spiritus est (quia Deus spirilus est, et ex Deo natus est). Les mots mis entre parenthèses n'appartiennent pas au texte sacré. Soit qu'ils y eussent été insérés par un traducteur inconnu, soit que TertuUien le premier les y ait introduits, la glose quia Deus spiritus est... fut considérée par plusieurs Pères (Hilar. Ambr. Vigil. Taps.) comme Écriture sainte, et on la retrouve dans divers mss. de la Bible latine ( Vercellensis a etc.) •"■.

Enfin il lui arrive de tomber dans des bizarreries ou des erreurs plus ou moins graves, dont les unes lui sont imputables, les autres sont dues, au moins en partie, à l'incorrection des textes grecs :

l'rov. 0, 2*. — Sophia ju;/ulavil filios suos . Sept. : 'H (jofta... iff^pa^e xà éauTî;; Ô'JjAara. Yulg. : Sapienlia irnmolavit viclimas suas. La leçon tle TertuUien est liée à une interprétation mystique : il applique ce texte aux martyrs, et ajoute : Optu et ipse in filios cjus redigi, ul ab ea uccidar; oplu uccidi, ut fdius fiam. Comparez saint Augustin, Civ. Del, 17, 20: Hic cerle uçinoscimus Dei Sapientiam, h. e. Verbum Palri coaelernum, in utero virginali domum sibi aedificasse corpus humanum, et haie, tanquam capili membra, Ecclesiam subjunxisse, marlyruni viclimas immolasse... — Le mot filios, comme traduction de ôûjAaTa, reste surprenant. TertuUien aurait-il lu, dans son exemplaire des Septante : xûixara (fétus), pour ô-juata?

Luc. 12, 51 ■». — Pulatis venisse me pacem mitlere in lerrani? Non dico vobis, sed separationem. Machaeram quidem scriptum est; sed Marcion emendat, quasi non et separatio opus sit machuerae, — TertuUien accuse Marcion d'avoir substitué au mot ixày.aipav le mot 8ta(i.epto(A(5v. Il n'a pas

1. //. 20; cf. ib. 18. 22. 15; 5 .1/. 11»; R. 5; Prax. 2. 7. 1 1. Lj. 1'.». 20. 21.

Page 1