Ib
5. Ib. 33; cf. Scorp. 11. — Comparer saint li'oiH'O, sin- rintorprrtation cl<?s paraboles ('vangéliques (//. 2,27).
L'ÉCUITUIÎIi. EXÉCÈSE. 245
du sens aux moindres détails '. On prend une peine extrême pour combiner un système que l'on croit ingénieux : mais on échoue misérablement, comme ces marchands de pourpre qui croient avoir donné à une étoffe une teinte bien uniforme : il sufïit d'un faux jour pour trahir le défaut de l'ouvrage. Dans toute parabole, certains traits ne sont là que pour la mise en scène, et n'ont pas d'autre valeur : tout comme dans une pantomime l'histrion exécute beaucoup de gestes fort expressifs en eux-mêmes, mais sans rapport avec la donnée principale du rôle. Par exemple : pourquoi cent brebis dans la parabole de la brebis perdue? Pourquoi dix drachmes? pourquoi un balai, dans la parabole des drachmes? A scruter ces circonstances indifférentes, on perd de vue la vérité essentielle. La raison veut qu'on s'attache aux grandes lignes, qui seules portent l'enseignement divin.
Ce programme, qu'il traçait d'une main ferme, Tertullien l'a souvent rempli avec bonheur. On a pu remarquer déjà les qualités, et aussi les défaillances, de son exégèse. Nous en résumerons ici les principaux caractères.
Tout d'abord il convient de signaler le grand mérite de sa polémique contre Marcion. Relevant un à un les arguments scripturaires de l'hérétique, il en montre le vice et souvent les retourne contre lui. Ainsi :
Luc. 20, 35 -. — Quos veru dif/natus sil iJeua illius aevi possessione el resurrectione a morluix, neque nubere neque nubl. Les marcionites joignaient les mots Deus illius aevi, et, les appliquant au Dieu du N. T., ils usaient de ce texte pour battre en brèche le mariage, comme une vilt^ institution du Créateur : Ut : Filii hujus aevi nubunl el nubunlur, de hominibus diclum sil Creator is nuptias permilleniis, se autem, quos Deus illius aevi, aller se, diynalus sit l'esurreclione, jam et hic non nubere, quia non sint filii hujus aevi. Tertullien rétablit la vraie construction, et montre qu'il faut joindre : illius aevi possessione ; ces mots dépendent du verbe difjnalus sit, au même titre que resurrectione a mortuis. On a peine à comprendre que les marcionites aient i)u fausser à ce point le sens de leur texte grec : Ot Sa y.aTa^iwOîvTE: toO aîwvo; IxîÎvou Tuysiv zal xr;; àvaTTasEto; r^; èx vexpiov.