‹ La théologie de TertullienChapitre 249 sur 455 · Pud · texte numérisé non relu

Pud

4. Si nuUa sit ^euia istorum, nemini sains competat. Iloruni ergo crit venia per exoratorem Patris Christum. — Il est superflu de faire observer que cette désignation des péchés véniels ne coïncide pas totalement avec celle de la théologie ultérieure.

5. Pud. 19. — Dans cette liste, negalio (l'apostasie) a remplacé le faux témoignage; moechia et fornicatio ne sont que des synonymes pour adulterium et stuprum. (Voir, sur ces mots, Pud. 4.) — Quant aux derniers mots : si qua alia violatio lempli Dei, ils viennent après moechia t>t fornicatio, pour désigner les fautes les plus graves contre la chair, les espèces monstrueuses d'impudicité, que Tertullien distingue soigneusement de la débauche ordinaire. (Voir Pud. 6. 15.) — 31. Er\\ in Preuschen [Schriflen de paenitentia und de pudicitia, mil lUicksicht auf die Bussdisziplin untcrsuchl (Giessen, 1890), p. 31 et p. 35), et à sa suite M. Rolffs (Das Indulgenz-Edicl des rom. Bischofs Callist, dans T. U. U, 3 (1893. p. 4.5) voient dans cette violatio

CLASSIFICATION DKS PECHES. 11 0

Du rapprochement de ces doclaralions successives, nous tirons les conclusions suivantes :

Au jugement de Tertullien orthodoxe, tous les péchés sont, de leur nature, rémissibles par le ministère de FEglise. Tertullien montaniste distingue, en fait, trois catégories de péchés :

i. Fautes vénielles, n'encourant pas la pénitence canonique : tels sont les manquements légers envers le prochain.

2. Fautes plus graves, encourant une pénitence plus ou moins rigoureuse, d'ailleurs rémissibles par le ministère de lévêque : ce sont des fautes de fragilité, auxquelles nul n'échappe entièrement.

3. Fautes mortelles et irrémissibles, pour lesquels la pénitence canonique égalait la durée de la vie, sans amener une réconciliation extérieure du pénitent. Tels surtout les trois péchés réservés entre les mortels : idolâtrie, impudicité, homicide '.

Bornons-nous présentement à ces indications sommaires. Nous aurons à rechercher ultérieurement sur ces questions la pensée de l'Eglise, en étudiant d'après le De paenitentia, la doctrine de la rémission des péchés ^, et d'après le Depudicitia

une faute contre la communauti' chrétienne (gegen seinen Tempel, d. h. gegen die christliclie Gemeinde). Sans doute ils n'avaient pas présents à l'esprit les nombreux développements du Depudicitia où templum Dei désigne, d'après saint Paul, le corps sanctifié par le baptême, le corps du chrétien. Voir surtout Pml. 16, où Tertullien rapporte la lev aeditualis de ce temple (I Cor. 3, 16-18) et 20, début. Le lemfjli Dei vidalor doni il est question, Purf. 15, est l'incestueux de Corinthe. — La même contusion s'est glissée dans un remarqual»l(; article de M. l'abbé Vacandard, H. C. F. t. 20 (1899), p. 578. Nous reviendrons sur ce sujet i;t produirons les textes, c. IX i 8. p. -485.

1. Pud. 19 : Mortalia... irremissibilia... pro quibus nec exorai-e perniittitur. — Il s'agit ('videmment de fauti's bien caractérisées selon leur espèce. Par exemple, Tertullien n'a i)as en vue ici l'idolâtrie au sens large : on sait d'ailleurs (juil iHend parfois singulièrement la notion de ce péché (notamment Idol. 2). — Sous une forme moins didactique, Ilermas donnait déjà beaucoup d'attention à la distinction des péchés. En principe, il n'excluait personne du pardon divin {Sim. 8, II, 1. 3); en fait, il désespérait des apostats, i)lutot comme incapables de pénitence que comme abandonnés d'en haut (Sim. 8,6,4; 9, 19, 1). On voit poui'tant l'espoir du pardon laissé, pour une fois, aux renégats de la dernière i)ers<''Cution {Sim. 9, 26, 5). — La doctrine des trois péchés irrémissibles se retrouve, un peu adoucie, chez Origène, De oralione, 28.

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