‹ La théologie de TertullienChapitre 253 sur 455 · Ib · texte numérisé non relu

Ib

à l'amour [Rom. 13, 9 '. La description des communautés chrétiennes, dans FxVpolog-étique ^, et l'exhortation ad martyras ^ montrent comment la primitive Eglise entendait la charité fraternelle. Mais la grande nouveauté chrétienne, c'est la patience ''. La Loi ancienne permettait de se faire justice par le glaive : œil pour œil, dent pour dent (Ex. 21, 24; Lev. 24, 20: Deut. 19. 21 : l'Evangile supprime cette tolérance. Déjà sans doute les prophètes invitaient à se reposer sur Dieu du soin de sa vengeance (Deut. 32, 35), à considérer les ennemis comme des frères Zach. 7, 9. 10 . Mais Jésus-Christ ne commande rien moins qu'une patience héroïque. Pour inculquer au monde une si grande leçon, il a fallu son exemple. Le grand maître de la patience pouvait léguer à ses Apôtres, pour être semée par le monde entier, cette parole sublime : Aimez vos ennemis; bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être les enfants de votre Père qui est aux cieux. L'amour couvre la multitude des péchés •' : si le martyre, soit avant, soit après'le baptême, purifie entièrement l'àme et lui ouvre le ciel, c'est qu'il témoigne d'un amour héroïque pour Dieu.

Sur la foi et l'espérance, faute de pouvoir lire le traité que Tertullien avait intitulé : De spe /îdelium, nous sommes réduits à assemider des textes épars, d'ailleurs suffisants pour esquisser une doctrine.

La foi est un assentiment de raison à Dieu qui instruit l'homme par ses œuvres ^' ou par l'Écriture ' . Assentiment libre, que trop souvent un aveuglement coupable refuse à Dieu ^ : les expressions énergiques par lesquelles Tertullien marque

•2. Ap. 3f».

Page 1