LA PATIENCE
pas d'un homme. Scandale pour les Gentils, admirable leçon pour les fidèles, qui voient dans la patience le cachet propre de la divinité. Sans patience, pas d'obéissance ^ Or c'est l'obéissance qui mérite devant Dieu, Nous si rigoureux à nos serviteurs, si tyranniques envers des animaux, refuserons-nous l'obéissance à Dieu, à qui seul nous la devons? L'impatience est la source de tout mal- : c'est le fruit propre du démon, comme la patience est celui de Dieu. L'impatience perdit l'ange; elle perdit la femme, puis l'homme : Adam, Eve, Gain, tous les pécheurs sont ses victimes. Elle enfanta l'homicide, la colère, l'adultère, tous les crimes, les attentats contre les prophètes et enfin contre le Seigneur même. Au contraire, rien n'est salutaire comme la patience '^. Elle marche devant et derrière la foi : c'est celle qui rendit méritoire la foi d'Abraham, c'est elle qui l'éprouva par le sacrifice d'un fils. Encore imparfaite sous la loi de crainte, elle atteignit son plein développement sous la loi d'amour, grâce aux leçons données par Jésus-Christ : à ce trait, on reconnaîtra les enfants du Père céleste. Mais la patience doit vaincre bien des obstacles '' : en premier lieu, l'attachement excessif aux biens de la terre. Instruits parle Seigneur, les fidèles doivent mépriser l'argent. Si on ne sait pas le perdre sans murmure, comment le donnera-t-on volontiers aux pauvres? Il faut laisser aux Gentils ces indignes attaches.* savoir donner de ])on cœur et perdre sans impatience. Deuxième obstacle •* : l'amour-propre, sensible aux blessures. Le serviteur du Christ doit faire bonne contenance, présenter l'autre joue à qui le frappe, décourager l'agresseur, s'encourager par l'exemple du Maître, ne pas riposter. La patience a même ses charmes : c'est une cuirasse où les traits de l'envie s'émoussent. et parfois rebondissent vers celui qui les a lancés. Troisième obstacle " : l'amour aveugle de nos proches, llarrivo que leur perte nous trouve inconsolables. Ecoutons donc la pa-