‹ La théologie de TertullienChapitre 270 sur 455 · Ib. l:j · texte numérisé non relu

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ce conseil, non par jalousie, mais dans son propre intérêt. Dieu, sans doute, a béni l'union de riiomme et de la femme ', pour peupler la terre. Mais, d'après l'institution primitive, un seul homme s'unissait à une seule femme. La polygamie des patriarches fut tolérée pour un temps. Mais cette tolérance disparut à l'avènement de. la Loi. La Loi elle-même devait laisser quelque chose à faire à TEvang-ile. S'il est faux que Jésus-Christ soit venu abolir le mariage-, comme le prétendent certains hérétiques •', on doit pourtant reconnaître que le mariage est permis à titre de moindre bien seulement (1 Cor. 7, 9). Mieux vaut rester libre, comme l'Apôtre. Volontiers on se flatte en répétant que la chair est faible ', et Ton oublie d'ajouter que l'esprit est fort. Deux attraits surtout rengagent dans les liens du mariage ceux que la mort d'un conjoint avait affranchis : d'abord la concupiscence de la chair, puis la concupiscence du siècle. Les chrétiens doivent avoir répudié l'une et l'autre. Des femmes courageuses triomphent des faiblesses de la chair, et, une fois veuves, ne veulent plus d'autre époux que Jésus-Christ. Pour dominer le siècle, il ne faut que regarder le ciel. On voit enfin des gens qui se marient pour avoir des enfants -' : comme si, en des temps si difficiles, on n'avait pas assez de son âme à sauver! On se met ainsi sur les bras un terrible bagage, pour le jour du jugement [cf. Mat. 24, 19: Luc. 21, 23 : Vae praegnantibus etniitricantibus). Les vraies veuves, que rien ne retarde, seront debout au premier son de la trompette angélique. Que d'autres imitent, dans leur insouciance, Sodome et Gomorrhe, villes de plaisir et de lucre, en un sens pourtant plus excusables que nous, qui touchons à la fin des temps. Ecoutons donc l'Apôtre nous rappeler que l'heure presse (1 Cor. 7, 29) et qu'il faut user du mariage comme n'en usant pas. Au moins les veufs doivent-ils se résigner à la continence **. Le paganisme cite des femmes qui

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