‹ La théologie de TertullienChapitre 271 sur 455 · Ib. G · texte numérisé non relu

Ib. G

eurent ce culte pour la mémoire de leurs maris. Souvent des époux chrétiens gardent la continence à dater de leur baptême : à plus forte raison peut-on la garder après la mort d'un époux. Satan ne trouve-t-il pas, pour certains sacerdoces païens, des vierges et des veuves? Pour contrefaire lœuvre divine', il inspire aux siens de ces renoncements : peu lui importe de perdre les hommes par la luxure ou par la continence, pourvu qu'il arrive à ses fins. Si Dieu nous impose la continence comme apprentissage de l'éternité^, sachons comprendre. S'il rompt notre mariage par la mort, reconnaissons la main de sa Providence, qui nous met en liberté de le mieux servir : c'est une bonne fortune à saisir avidement. Les secondes noces sont une déchéance, dans la pensée de l'Apôtre, dans la pensée de l'Eglise qui éloigne de l'autel les remariés ^, dans la pensée des païens même ; le pontife maxime ^ ne se marie qu'une fois. Dieu qui, dans l'Écriture, se déclare protecteur de la veuve et de l'orphelin -K honore la veuve presque au-dessus de la vierge : peut-être parce que sa vertu suppose plus d'effort personnel. Les veuves bavardes, fainéantes, buveuses, curieuses, trahissent tous leurs devoirs ^.

Le traité du voile des vierges touche un sujet très particulier. Il s'agissait d'astreindre les vierges chrétiennes de Carthage à ne paraître que voilées dans l'assemblée des fidèles. Tertullien, qui s'est déjà suscité des embarras en disant tout haut là-dessus sa pensée, n'en reprendra pas moins en latin la thèse qu'il a déjà soutenue (en grec > ". Il importe en effet de ne pas

1. Sur cotte contrefaçon delacontinenccchrétienne, voire. III, S3, p. 159.

■2. 1 Ux. 7.

3. Disciplina Ecclesiae et praescriptio Apostoli... digamos non sinit praosidero. Ceci concerne surtout les évoques (1 ïini. :î. 2. 12: Tit. 1, 6). — Ci-dessus, c. V, ^ ~< P- '-l^^-

1. Ou plus exactement le flamine dial. Cf. c. 111, ^ -^ P- l-'J'J- — Cf. Apuli-e, t'd. Ilildobrand 2,58rt : Nuptias secundas repudiare apud veteres pudicae eiat feuiinae.

Page 1