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25)8 THÉOLOGIK DE TEUTULLIEN.
renonce aussi devant les Gentils : un peu de bravourt.' ne messicd pas, pour porter haut, devant eux, sa virginité. Mais on ne lentend i)as ainsi, parce qu'on cherche sa propre gloire. A l'origine de cette controverse, quelqu'un disait ' : « Si vous ôtez cela, quel attrait laisserez- vous à la virginité? » Comme si le nombre des vierges importait, et non leur ferveur! L'Eglise est nécessaire aux vierges, non les vierges à l'Église. Mais retenons l'aveu : ainsi, Tamour-propre est en cause. Or il prépare des chutes lamentables. Un jour vient où la prétendue vierge doit cacher autre chose que sa tète. La charité des frères, qui l'accueillait volontiers, l'a perdue, et les égards qu'on lui prodiguait lui rendent plus amère la perspective du déshonneur. Cependant les fautes s'ajoutent aux fautes ; elle ne renonce pas pour cela aux dehors de la virginité. La vérité éclate enfin : il ne faudra rien moins que les vagissements du nouveau-né pour contraindre la malheureuse à se déclarer. Faut-il le dire? Celle qui usurpa l'honneur de la virginité chrétienne, s'arrête rarement après un premier désordre. Pour dérober le secret de sa maternité, à quels attentats ne se sera-t-elle pas portée sur elle-même ? Peine inutile : Dieu permet qu'en ces occasions l'enfant vienne à terme, et qu'il reproduise les traits du père. Voilà où conduit l'imprudence, même dans l'assemblée des chrétiens : exposée à tant de regards, montrée au doigt, trop choyée, sous l'ardeur des baisers de paix échangés avec complaisance, la vierge se fait un front d'airain. La vraie virginité, au contraire, ne redoute rien tant qu'ellemême 2; elle fuit les regards même des femmes, se tient à l'écart des tentations, des chuchotements et de l'envie. Dans la bonne fortune, les païens craignent, dit-on, le sort jaloux ^ : ce qu'il faut craindre, c'est, d'une part, la perfidie jalouse du
■2. Ib. 15.
3. Est aliqaid etiam apud ethnieos metiiondum. quoil fasclnum vocant, infelicioroin laudis et gloriae enormioris eventum. Hoc nos inteiduia diabolo interprotamur, ipsius est onim boni odium ; interdum Deo dejnitamus, illius est enim superbiae judiciiim, extollentis hiiniiles et deprimentis elatos. Timebit itaqiie virgo sanctior, vel iii nomine fascini, hinc adversariuni, inde Deum, illius lividuni ingeniiiiu, liujus censoriuni lumen, et gaiidebit sibi soli et Deo nota.
démon ; d'autre part, la redoutable lumière de Dieu. — Tertullien vient de défendre son sentiment' selon la nature (1-S;, selon l'Écriture 4-8 et selon la discipline de TEg-lise 9-151 ^. A rencontre, on ne saurait alléguer rien de plausible. Il adjure les vierges, quel que soit leur âge, de se voiler par charité pour autrui ^. Qu'elles se fassent un rempart de leur modestie, qu'elles se contentent de l'extérieur des épouses. Et ne sont-elles pas épouses de Jésus-Christ? — Le dernier mot s'adresse aux femmes mariées '' : qu'elles renoncent à ces coiffures ambitieuses qui ne laissent plus de place pour le voile. Le voile doit descendre assez bas pour rejoindre la robe. Sinon, elles seront jugées par les femmes d'Arabie, qui n'ont qu'un œil libre pour se conduire. Telle chrétienne fut avertie on songe par un ange, qui l'engagea à se voiler pour tout de bon. 11 y a des femmes qui, à Téglise, rejettent leur voile pendant les prières. Il y en a qui s'estiment voilées pour s'être mis sur la tète un morceau d'étoffe qui ne les cache nullement. Il y en a enfin qui ont de grandes mains et s'en servent pour cacher leur visage : après (juoi, semblables à des autruches, elles se croient à couvert de tous les regards. Il faut se souvenir de Dieu et le porter dans son cœur : à ce prix, on vit en paix et en grâce avec Jésus-Christ.
Plus d'un trait, dans ce livre, laisse percer la colère et presque la révolte "\ Pourtant, et malgré les fréquentes allusions à la nouvelle prophétie, on ne voit pas que Tertullien ait encore rompu ouvertement avec l'Eglise. La situation s'aggrave dans les traités De exhortatione castitatis, De monogamia et De pudicitia, qui concernent aussi la chasteté chrétienne, mais surtout la discipline du mariage et de la pénitence, alors en vi-
i. Cetto coiitrovorse du voile des femmes a son ôpllogue Vor. 1, où Tertullien fait appel à la coutume juive : Apud Judaeos tam sollemne est feniinis eorum veiamen capilis ut Inde noscantur.
3. Oro te, sive mater, sivc soror, sive lilia virgo, secundum annorum nomina dixerim, vêla caput : si mater, propter liiios: si soior, propter fratres; si lilia, propter patres. Omnes in te aetates periclitantur.