LE JEUNE
timent. Le jeune obtient les faveurs divines : ainsi Anne devient mère de Samuel. Daniel obtient la lumière prophétique. L'Evangile loue le jeune d'Anne, fdle de Phanuel '. Le Christ luimême, au sortir du Jourdain, donne l'exemple du jeûne le plus rigoureux. II veut qu'on jeûne sans tristesse. Il ne prometqu'au jeûne la victoire sur certains démons. Dans les Actes des Apôtres, on voit le Centurion Corneille jeûner avant son baptême. Saint Paul jeûne parmi ses grands travaux. L'Ecriture connaît aussi l'abstinence d'une catégorie déterminée de mets - ; on peut invoquer en faveur des xérophagies bien des précédents : exemple des trois jeunes hommes de Babylone, exemple de Daniel lui-même, exemple d'Elie à Bersabée, exemple de David pénitent. Samuel s'abstenait de viii et de toute boisson enivrante; de même Aaron et ses iils. L'Ecriture les en loue (1 Reg. 1, 11 Sept.; Lev. 10, 9) et réprouve l'usage contraire Am. 2, 12). Si saint Paul permet à Timothée malade un peu devin, à titre d'exception, cela même invite à s'abstenir en temps ordinaire. Le jeûne affermit l'âme pour les combats à venir ^. Faute de se préparer, on faiblit honteusement, comme certain pseudo-martyr, nommé Pristinus, qui menait joyeuse vie dans sa prison, et qui apostasia au milieu des supplices. On invoque parfois ', contre l'obligation du jeûne, certains textes de saint Paul (Rom. 14, 20 sq. ; 14, 2 sqi. Mais saint Paul n'a voulu que condamner par avance des hérétiques ennemis des dons du Créateur, un Marcion, un Tatien ; il n'a point parlé contre le jeûne. Non seulement l'I^^criture condamne la gourmandise ^, mais elle la montre châtiée par Dieu i Num. 11 ; 1 Reg. 4, 17 sq; 3 Reg. 13, 21 sq; Luc. 16, 19 sq.). Les païens eux-mêmes ont compris le mérite de l'abstinence, et y recourent pour fléchir leurs divinités. Quel contraste avec le chrétien livré à la gourmandise! Ce chrétien-là est Esau ^, et pire qu'Esaû. Car la gourmandise conduit à la luxure. Il faut jeûner, si l'on veut faire face aux ennemis du salut.