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TRAITÉ DE LA PlllÈlŒ. 305
^neiir n'a pas voulu interdire d'autres demandes plus spéciales; il y invite même (Mat. 7, 7 : Petite, et accipietis). Mais il importe, quand on prie, de ne pas perdre de vue les commandements divins. Or voici plusieurs recommandations ' destinées à aplanir à la prière le chemin du ciel. D'abord, ne pas monter à l'autel avant d'avoir fait la paix avec ses frères (Mat. 5, 23). Que le soleil ne se couche pas sur votre ressentiment (Eph. 4, 20 . Bien téméraire celui qui, plutôt que de se renoncer sur ce point, passera le jour sans prier! Il faut même éviter toute passion troublante-, qui éloignerait l'Esprit-Saint : cet Esprit d'innocence, de joie et de liberté veut des âmes qui lui ressemblent. Il faut aller à la prière avec une âme pure-^ Quant aux mains, assez peu importe. Ces ablutions fréquentes, auxquelles se complaît la superstition de certains fidèles, rappellent Pilate : triste précédent, qu'il n'est pas besoin d'imiter. Israël '' a beau se laver chaque jour des pieds à la tète, il ne se purifie point : le sang des prophètes et du Seigneur inême est à jamais sur ses mains : aussi n'ose-t-il les lever au ciel : les chrétiens lèvent les mains et les étendent en croix, en mémoire de la passion du Christ. Encore un exemple de vaine observance ■' : quelques-uns croient ne pouvoir prier qu'après avoir déposé leurs manteaux. Imité des païens — Tertullien ne suppose pas qu'on invoque l'autorité de saint Paul confiant son manteau à Carpus (2 Tim. 4, 13) — cet usage n'a aucune raison d'être. Quoi qu'il en soit, les trois jeunes gens de la fournaise furent entendus de Dieu, malgré leurs sarabares et leurs tiares orientales. Il n'y a pas non plus de raison pour prier assis ", et l'argument qu'on tire du Pasteur d'IIermas (Vis. 5, Ij est puéril. S'asseoir marque au contraire peu de respect. Ce qui importe, c'est la modestie et l'humilité "^ ,