‹ La théologie de TertullienChapitre 287 sur 455 · STATIONS · texte numérisé non relu

STATIONS

4" Jeûnes et stations. — Le traité du jeune reproclie aux catholiques leur inimortifîcation '. L'ancienne Loi avait déterminé certains jours de pénitence-; mais l'Evangile, dit-on, n'admet comme jeûnes oblig-atoires que les jours de deuil pour l'absence de l'Époux (Mat. 9, 15), cest-à-dire le temps qui s'écoule entre la mort du Seigneur et sa résurrection. Làdessus les catholiques de déclarer que tous les autres jeûnes doivent être libres. Cependant le même traité prouve^ que, en sus du jeûne pascal, on gardait communément certains jeûnes, en particulier ces demi-jeûnes appelés stations; que parfois même on jeûnait au pain et à l'eau. Mais c'était affaire de dév .tion, et non de précepte. Tertullien se récrie : ainsi vous accordez à la fantaisie personnelle ce que vous refusez au précepte divin! D'autre part, il constate qu'en certains cas les évèques usent de leur autorité pour imposer un jeûne à tout leur troupeau. Donc, d'après son aveu même, il y avait dès lors dans l'Lglise certains jeûnes obligatoires. A vrai dire, les occasions en devaient être rares. Le De oratione pose en principe ' que, quand un chrétien jeûne, la communauté n'en doit rien savoir.

L'usage des stations, qui apparaît déjà dans Hermas "', prend

sccundum mandata tua hetaerias esse vetueraiii. — Cf. Tertulliou, .4/j. 2. analysant Pli no.

Dans le Bullclbi publié par l'Institut catholi(iuo do Toulouso, nous trouvons (avril-mai 1901, p. 103 sq.) un examon de Ai>. o!l, qui forcorait la conviction s"il oxistait i)ar ailleurs des raisons très graves do chercher à cette page une interi)rétation éloignée de l'opinion commune. A vrai dire, nous n'en connaissons pas. Tertullien n'est ijue le plus illusti'e des témoins de l'agape, il n'est pas le seul. Los canons d'Ilii)polyte en particulier — (piello qu'en soit la date — décrivent une agape dont la distinction d'avec l'Eucharistie n'est pas douteuse, non plus que son identité avec l'agape décrite par Tertullien. Ces canons représentent une tradition indépendante de Ai>. 39. La rencontre jusque sur des points d(> dé-tail — tels que l'usage d'allumer des flambeaux après ce repas du soir — montre que les deux autours l'ont allusion à des choses qu'ils ont vues. Quelque dil'liculté qu'on éprouve d'ailleurs à dater l'apparition de l'agape et sa disparition dans l'histoire de l'Église, nous n'oserions révoquer en doute son existence au u" siècle.

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