‹ La théologie de TertullienChapitre 300 sur 455 · Ib · texte numérisé non relu

Ib

4. Dans cot ange du baptrme. on a roconnu, avec vraisomblancc, l'homme, ministre du sacrement (Cl'. Dom Corbinien Thomas, ap. Migne t. 2, IIGO). Voir encore B. 1, fin; 6. Comparer le rôle assigné par Ilermas au noi[iï;v, âvY£).o; tïj; (jLSTavoîa;. (Vis. 5, 7; Mand. l'2, 1, 7; (j, 1 ; Sim. 0, 1, 1; 11, 3; 23, 5; -24, 4.).

les corps, et pour un temps, et une seule fois l'an : l'eau du baptême guérit les âmes, et pour l'éternité, et des peuples entiers y ont part chaque jour. Avec la faute, elle enlève aussi la peine. Elle rend à l'àme cette ressemblance avec Dieu par grâce, qui rehausse la ressemblance par nature : car elle lui rend l'Esprit divin, que le premier homme avait reçu de la bouche de Dieu, et que le péché avait chassé. Ce n'est pas que l'ablution baptismale confère immédiatement l'Esprit Saint'; mais en purifiant l'àme, elle la dispose à recevoir cet Esprit. L'ange qui intervient dans cette purification était figuré par Jean le précurseur : comme Jean préparait les voies au Christ, ainsi l'ange du baptême prépare-t-il les voies à l'Espril-Saint, par l'ablution des péchés, qu'obtient la foi marquée du sceau de la Trinité ^. Si trois témoins sufTisent pour garantir une parole quelconque, à combien plus forte raison pouvons-nous compter sur la vertu de cette bénédiction, où les trois personnes divines se portent témoins de notre foi et garants de notre salut? D'autant que la mention des trois personnes divines. Père, Fils et Saint-Esprit, implique la mention de l'Eglise : car l'Eglise, c'est la Trinité''.

Au sortir du bain sacramentel, le néophyte reçoit lonction sainte '*, qui rappelle les onctions de l'ancienne Loi et le nom même du Christ. Tout comme lablution baptismale, l'onction s'accomplit sur le corps, mais elle atteint l'âme.

Puis vient l'imposition des mains, avec la bénédiction et l'invocation du Saint-Esprit'^ : rite figuré dans l'A. T. par

2. Ablutione delictoriim , quain fides impetrat obsiguata in Pâtre et Filio et Spiritii Sancto. Comparez 13 : Obsignatio baptismi, vestimentuni quodammodo fidei; Paen. 0 : Lavacrum illud obsignatio est fidei; Sp. 1 : Auctoritatoni siguaculi nostri; ib. 24: Sigiiaculo fidei: Pr. 30; (Ecclesia Romana)... fidem... aqiia signât; Pud. 9 : Signaculum lavacri. Et aussi les expressions d'Ilermas, Sim. 9, 16, 3 : "EXa6ov o'jv xal o'jtoi ol x£xot(XT)(iévot TYiV (TypayiSa xoù Yloù toù 0îoO" ... oTav oî XàSr, ty)v aspayiSa, àîioTtOexai Tviv vsxpwaiv xaî àvaXaaêàvei Tf)V ^wïiv. 4. 'H (rypayU ouv tô ûowp âartv... : ib. 31, 1. 4; Clément, 2 Cor. 7, G; 8, G. — Tertùllien {Monog. G) appelle la circoncision : testamenti signaculum.

■3. Sur cette idée, voire. V, S 2, p. 215.

IJAPTÈME. 327

cette bénédiction que Jacob appelait sur la téted"Ephraïm et de Manassé, en croisant ses mains. Donc lEsprit-Saint descend, comme jadis la colombe sur le Seigneur : les caractères de l'Esprit-Saint sont symbolisés par cet oiseau sans fiel, image de simplicité et d'innocence. Après que le déluge, ce baptême du monde, eut lavé l'ancienne iniquité, la colombe, sortie de l'arche, y rapporta la paix avec un rameau d'olivier : c'est aussi là paix de Dieu qu'apporte à Tliomme, émergeant de la piscine baptismale, FEsprit-Saint, colombe sortie de l'Église, arche du ciel'. Au reste, cette comparaison du baptême avec le déluge n'est pas heureuse : car après le déluge, le monde retourna à son péché ; aussi est-il destiné au feu, comme aussi tout homme qui retombe après le baptême. Mais si l'on cherche des analogies de nature^, des faveurs de la grâce, des précédents divins pour montrer la sainteté de l'eau, l'Ecrilure en fournit en abondance. C'est, dans l'A. T., l'eau de la mer Rouge, affranchissant le peuple de Dieu et submergeant ses ennemis ; l'eau de INIara, perdant son amertume au contact du bois qu'y plonge Moïse, la source qui coule du rocher pour désaltérer Israël dans le désert; dans le N. T., le baptême du Christ, le miracle de Cana, l'annonce d'une eau jaillissante pour la vie éternelle, le ciel promis pour un verre d'eau, l'eau du puits où se rafraîchit Jésus, les ilôts sur lesquels il marcha, le lac qu'il passa souvent, l'eau dont il lava les pieds des Apôtres; dans la passion même, l'eau versée sur les mains de Pilate, celle qui coule du côté de Jésus.

2" Suivent diverses questions accessoires concernant le baptême. Que valait le baptême de Jean?^ Venait-il du ciel ou de la terre? Question déjà posée par le Christ aux Pharisiens, et non résolue par eux. Tertullien répond par une distinction. Ce baptême était divin, à considérer son institution; il ne l'était pas, à considérer sa puissance. Car Jean n'était

1. Tertullien n'a pas prononcé le nom de conftrmalion. Mais c'est bien la confirmation, encore liée au baptême, qu'il vient de décrire. Autres allusions : /-'/■. 36 : (Eeclesia) ... fidem ... Spiritu Sancto vestit; R. 8 : Caro iiianus impositiono adumbratur, ut et anima Spiritu illuminetur.

Page 1