‹ La théologie de TertullienChapitre 301 sur 455 · Ib · texte numérisé non relu

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quun homme; il prêchait la pénitence, œuvre humaine; il ne conférait pas TEsprit-Saint et la rémission des péchés, dons propres de Dieu; FEsprit-Saint ne devait venir qu'après l'Ascension du Seigneur (Joan. If», 7). Les disciples de Jean ignoraient même Texistence de l'Esprit-Saint (Act. 19, 2. 3). Il y avait bien chez Jean quelque chose de céleste : c'était son esprit de prophétie. Mais cet esprit l'abandonna pour passer tout entier en Jésus, quand celui-ci inaugura son ministère public : Jean, qui avait salué Jésus dès sa venue en ce monde, ne possédait plus alors ces grandes lumières * : il fit demander à Jésus : «Etes-vous celui qui doit venir? » En résumé, dans ce baptême de pénitence que conférait Jean, il faut voir une ébauche de la rémission et de la sanctification opérées par le Christ. Jean lui-même annonçait un autre baptême, supérieur au sien, baptême dans l'Esprit-Saint et le feu Luc. 3, 16). Baptême dans l'Esprit-Saint : c'est le baptême d'eau, offert par le Christ aux vrais croyants ; baptême dans le feu, c'est la damnation, réservée à la foi mensongère et faible. L'évangéliste observe que Jésus ne baptisait pas (Joan. 4, 2) -. ]Mais ses disciples baptisaient par son ordre, et cela suffit à vérifier la prophétie de Jean-Baptiste. Ce baptême, que donnaient alors les disciples, ne difl"érait pas du baptême de Jean : le baptême chrétien ne pouvait exister encore, puisqu'il devait tenir son eflicacité de la passion et de la résurrection du Seigneur.

Le Christ ayant affirmé la nécessité du baptême pour le salut, quelques esprits scrupuleux et téméraires observent qu'à ce compte les Apôtres ne seraient pas sauvés ^ : car on ne voit pas qu'Usaient reçu le baptême chrétien, saint Paul excepté. A cette difficulté, Tertullien oppose d'abord la parole du Seigneur à Pierre : Qui semellai^it, non habet necesse nirsiim (Joan. 13, 10) ; d'où il conclut qu'un seul baptême sufiit en tout état de cause. Et on ne peut douter que les Apôtres n'aient reçu le baptême de Jean, auquel le Seigneur a daigné se soumettre lui-même.

1. Sur cette prétendue incrédulité de Jean, cf. c. IV, ;;, 1, p. 16'.».

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