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sation de sacrements, où la conscience est gravement intéressée (Mat. 7, 6; 1 Tim. 5, 22 . Dans les baptêmes si prompts de l'eunuqne de Candace et de saint Paul, il faut voir des exceptions, où Dieu lui-même s'est fait caution pour le néophyte. En général, il n'est pas à propos de précipiter le baptême, surtout pour les enfants, et d'engager témérairement des parrains, qui peuvent mourir, ou se trouver impuissants devant le progrès du vice. Le Seigneur a dit : « Laissez venir à moi les enfants ». Venir, pour eux. ce sera grandir, ce sera apprendre où ils vont; pour devenir chrétiens, qu'ils soient en âge de connaître le Christ. Pourquoi cet âge innocent courrait-il à la rémission des péchés? On apporte plus de circonspection aux affaires du siècle, car on ne laisse pas à ces enfants la gestion de leurs biens. Attendez donc qu'ils sachent demander le salut; laissez voir que vous l'accordez à leur demande. Il n'est pas moins nécessaire de différer le baptême à ceux qui, n'étant pas mariés, demeurent exposés aux tentations de la virginité ou du veuvage. Laissez-les se marier, ou s'affermir pour la pratique de la continence. Ceux qui comprennent le fardeau du baptême, craindront la réception du sacrement, plus qu'un délai; la foi intègre est d'ailleurs sûre du salut '.
Pour baptiser-, nul jour plus convenable que la solennité pascale : on vient alors de commémorer la passion du Christ, principe de notre régénération. On peut encoi^e baptiser les jours suivants, jusqu'à la Pentecôte. Au reste, n'importe quel jour ou quelle heure peut convenir : la solennité diffère, non la grâce. Il faut se préparer au baptême ■* par la prière, le jeune, les agenouillements, les veilles, la confession de tous ses péchés, selon l'exemple que donnaient déjà les disciples de Jean (Mat. 3, 6; : on doit s'estimer heureux de n'avoir pas à
1. Fides intégra sccura est de saluto. — Par fides ïnle(/ra, nous entendons avec Rigault, Oehier. etc., la foi loyale et généreuse. Cf. Paen. (> : Prima audientis inlinctio motus integer. Dom Corbinion Thomas (ap. Migne, t. 2, 1 19S) entend : foi scellr-e par le liaptème, et gardi-e ensuite inviolablement. Nous ne croyons pas que le contexte autorise cette inteipr(''tation. Cf. d'ailleurs p. 215, n. G.
\i. Ib. 20.
332 THÉOLOGIE DE TEIITL LLIEX.
confesser publiquement ses iniquités et ses hontes '. En affligeant la chair et l'esprit, en mt'me temps qu'on satisfait pour le passé, on pare aux tentations à venir. « Veillez et priez », disait le Seigneur, « de peur d'entrer en tentation ». Pour s'être endormis malgré cet avertissement, les Apôtres succombèrent. Le Seigneur lui-même, après son baptême et son jeune de quarante jours, fut assailli par la tentation. Mais, dira-t-on, va-t-il falloir jeûner après le baptême? La chose n'aurait rien que de louable, si ces jours n'appartenaient à la
1. Xubis (jralulandum est si non publiée confilemur iniquilates aul lurliHmUncs nosfras. Ici le texte est fort controversé. Junius (1597), Oehler, Uoifforschcid ont lu nuiic, là où nous lisons no?î, avec Gangneius (1545), (iolenius (1550), Pamcl, Rigault, Migno, etc. Comme il n'existe plus de manuscrit connu du de baplismo, il faut renoncer à trancher la question par voie d'autorité ; mais il convient de prendre en grande considération les éditions de Gangneius et de Gelenius, qui reposent sur le témoignage direct des mss. Les partisans de la leçon nunc font appel au contexte : Simili enim et de pristinis satisfacimux cunflictalione carnis et spiritus, et subseculuris temptationibus munimenla praestruimus ; et ils raisonnent ainsi: Dès lors que l'on écarte l'idée d'une humiliation publique, à quelles œuvres satisfactoires ce contexte ferait-il allusion"? — Nous croyons devoir chercher ces œuvres satisfactoires un peu plus haut, au commencement du développement, là où il est question de ])rièi-es, de jeûnes, d'agenouillements, de veilles, en même temps que do confession. C'est à quoi répondent les mots : cunfUctatio carnis et spiritus... L'assertion générale du début est motivée par : .Simul enim. ..Quant à (Xubis... nostras), nous y voyons une simple parenthèse, ipii peut se rendre ainsi : « Dieu nous niénage en se contentant d'une confession privée (faite à l'évêque), et nous devons nous estimer heureux d'en être quittes à si bon compte. » Pour trouver à la leçon nunc un sens plausible, il faudrait entendre : Nous devons nous estimer heureux de])Ouvoir dès celle vie satisfaire à la justice divine en nous humiliant par une confession publique. Mais nulle part, dans les documents ecclésiastiques de ce temps, on ne rencontre la trace d'une confession ««Ye.'/r«fe e?;n(6%Me de tous les péchés, imposée aux catéchumènes, ni même aux fidèles. Au contraii-e cette hypothèse contredit un canon d'Hippolyte, 19, 103: Tuncconfiteaturepiscopo — huic eniin soli de ipso est impositum onus, — ut episcopuseum approbet, dignumque habeat qui fruatur mysteriis. Il n'est pas question d'autre confession que cette confession privée, qui est une enquête sacerdotale avant d'être une satisfaction envers Dieu. Pour ces raisons, nous avons cru de-. voir revenir à la leçon des premiers éditeurs,, (pii a toute chance d'être aussi celle des mss. La correction de Junius n'est qu'une conjecture, et probablement une conjecture malheureuse. — Contre une autre correction, de lleraldus, consistant à supprimer non, voir G. de l'Aubespine. Obscrvationes, 2, 1, 15. — .^L von Ilartel, qui a discuté si sérieusement le texte de Reifferscheid (Sitzungsbcrichle der Kaiserl. Akademie von Wien, 1890), ne s'est i>as ])rononcé sur ce point.
joie. — En finissant, « Tertullien le pécheur « se recommande aux prières des futurs chrétiens.
Parmi les questions que soulève ce traité du baptême, nous nous arrêterons aux suivantes :
1° Causalité propre du sacrement.
2" Rituel du baptême et de la confirmation. 3" Diverses sortes de baptême.
4° Conditions de la justification baptismale.
1° S'attachant au symbolisme de lablution baptismale, Tertullien montre dans cette opération matérielle l'indice d'un effet produit invisiblement dans l'âme '. L'eau, consacrée une fois pour toutes à l'origine du monde par l'Esprit divin qui s'y reposa, acquiert, par l'invocation divine, une vertu sanctifiante, et opère, grâce à l'intervention d'un ange, la purification de l'âme. Comme elle guérissait le corps à Bethsaïda, elle guérit maintenant l'âme ; elle est principe actif dans un cas comme dans l'autre. Le concept scolastique de la causalité physique du sacrement ne saurait revêtir une forme plus concrète, Tertullien a marqué de son vigoureux réalisme cette explication encore rudimentaire. D'autres lui donneront un tour métaphysique; chez lui, elle fait partie d'un ensemble assez grossier; et le matérialisme qui lui fait confondre les esprits avec les cox'ps, l'ordre de la grâce même avec celui de la nature, s'est rarement exprimé avec plus de naïveté que dans cette théorie du baptême. Pourquoi les eaux sontelles sanctifiantes? Parce que, à l'origine du monde l'Esprit divin s'y est reposé ^ : Soins liquor... digniun vectaculum Deo subiciebat. Comment peuvent-elles bien donner la vie aux âmes? Il n'y a pas lieu de s'en étonner, puisque, sur l'ordre
1. /)'. 1: Oiiiiios aquae de pristina originis praorogativa sacramcntum sanctilicationis consoquuntur invocato Doo. Suporvonit onim statim Spiritiis de ctelis et aqiiis superest sanctificans eas do seuietipso, et ita sanctificatae vim sanctilicandi coinbibunt... Igitiir inedicatis quodamiaodo aquis per angeli iaterventum, et Spiritus in aquis corporalilcr diluitur et caro in eisdem spiritaliter imindatur.
334 THÉOLOGIE DK TEltTLI.LIKN.
divin, elles produisirent jadis les premiers corps vivants ' : Ordinato dehiiic pcr elenienla inundo cum incolae darentiir, primis aquis praeceptum est animas proferre. Primas liquor qiiod vi\'eret edidit, ne miruni sit in bapt/smo si aquae animare «0(je/7f//f. Comment FEsprit-Sainta-t-il pu sanctifier les eaux;* C'est que. vu sa légèreté, il llotte au-dessus d'elles, et, vu sa subtilité, il les pénètre intimement - : Sanctum autem iiliqiie super sanctiun ferebatur, et ab eo quod superferebatur id qiiod fer ébat sanclitalem miituabatur, quoniam subjecta quaeque materia ejus qiiae desuper imminet qualitatem rapiat necesse est, maxime corporalis spiritalem etpenetrare et insidere facilem per substantiae siiae sublilitatem. On peut faire des observations semblables au svijet de la confirmation. L'opération du Saint-Esprit dans lame est assimilée à la circulation de lair dans les orgues liydrauliques ^ : Dehiiic maniis imponitur per benedictionem advocans et invitans Spiritum Sanctum. Sa ne humano ingénia licebit spiritum in aquam arcessere et concorporatione/n eoruni accommodatis desuper manibiis alio spiritu tantae claritatis animare, Deo autem in suo organo non licebit per manus sanctas sublimitatem modulari spiritalem? On ne pouvait recourir à une comparaison plus gracieusement expressive. Mais le tour particulier qu'elle revêt ici est lié à une conception peu épurée de l'esprit et de ses opérations. Ces remarques semblaient nécessaires pour caractériser la pensée de Tertullien : on ne l'appréciera exactement qu'en la reliant à l'ensemble de sa doctrine.
2° Quant au rituel du baptême, les indications du de baptismo sont complétées par quelques mots du de corona, que nous rapporterons ici ' : Ut a baptismate ingrediar, aquam adituri ibidem, sed et aliquanto prius inecclesia sub antistitis manu, contesta mur nos renuntiare diabolo et pompae et angelis
3. Ib. 8. — Comparer .4 /i. 14 : Specta portentosissimam Archinicdis munificentiain, orgaiium hydraulicum dico... Spirilus... illicdc toriuonto aquac anhelat.