Voir ci-dessus, c. VI, ;", 4. j
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for de la conscience. Il n"a pas eu occasion de s'en expliquer dans ses traités ortliodoxes, mais il y croyait, et il sen est souvenu plus d'une fois dans ses écrits montanistes * .
En résumé, l'administration du sacrement de pénitence, selon la discipline africaine au temps de Tertullien, comprenait trois phases ^ : la première, secrète : c'était comme l'instruction préparatoire au jugement sacramentel : elle consistait dans une confession privée, faite à l'évêque. Les deux autres, publiques : d'abord l'exomologèse, satisfaction extérieure et protestation de repentir devant Dieu et devant l'Eglise ; puis la sentence épiscopale, qui, en mettant fin à la pénitence publi- (|ue, réconciliait à Dieu le pénitent bien disposé, obtenant ainsi son plein effet au for intérieur en même temps qu'au for extérieur.
Assurément, Tertullien nous laisse ignorer bien des choses. Par exemple, il ne fait pas même allusion à la facilité relative de la réconciliation des pénitents in extremis, et pourtant on ne peut guère douter que, dès lors, l'Eglise ne se relâchât en pareil cas de sa sévérité. Il en était ainsi du temps de saint
1. Ainsi Scorp. 10 : Etsi adhuc clausum putas caduin, mémento claves ojushic Dominum Potro et per eum Ecclesiae reliquisse. quas hic unusquisque interrogatus atque confessus ferot secum.
2. Nous arrivons sensiblement aux mémos conclusions que M'^' Batifloi (Éludes cVhisloire et de théologie positive, Paris, 1902), envers qui nous soumies heureux de reconnaître nos dettes. Signalons un seul mot que nous ne comprenons pas bien. p. 78: il s'agit de Vexomologèse : •< probation publique, qui est tout ensemble une satisfaction offerte à Dieu devant rÉghse par le pécheur, et une supplication adressée à Dieu par l'Église pour le pécheur. Cette supplication est supposée efficace, et par là Tertullien pressent sa vertu sacrainentclle «. Qu'est-ce à dire? Qu'en écrivant le De paeniteniia. Tertullien a expi'imé tout ce qu'il savait alors de la rémission des péchés, et que les futures données du De pudicitia n'étaient encore dans son esprit qu'à l'état de pressentiment? Non. car un tel pi-ogrès dans sa connaissance supposerait dans la discipline ecclésiastique une évolution incroyable. Le sacrement de pénitence était d'ores et déjà bien formé dans l'Église. Mais le lecteur de Tertullien, réduit au seul traité De paeniteniia, ne pourrait que pressentir des éclaircissements qu'où lui fournira plus tard. Nous espérons avoir interprété correctement la pensée du docte prélat. 11 va sans dire que les écrits d'ilne époque, surtout quand celte époque a laissé peu de chose, ne livi-ent pas sur elle le dernier mot, et nul n'applique avec cette rigueur les i)rincii>es de la méthode histoi'ique.
PKNITEXCE. 341)
Cyprien', et un Ciuion deNicée - qualifie celte coutume de loi ancienne et canonique. Mais à nous en tenir à ses écrits conservés, nous pensons avoir indiqué fidèlement les grandes lignes de la discipline pénitentielle ^.
Reste une question très grave : quelle situation cette discipline faisait-elle, soit au chrétien que des fautes particulièrement inexpiables excluaient des pardons de IKglise, soit au chrétien relaps, qui, ayant déjà usé de Vexomologesis, ne pouvait plus y recourir une seconde fois? A cette question, Tertullien fournit une multiple réponse.
Tout d'abord, il ne prétend pas que l'exclusion de la communion ecclésiastique soit, pour qui meurt dans cet état, un gage certain de damnation éternelle. Dans l'Apologétique, parlant des excommuniés, il indique bien que la sentence dont ils sont frappés aux yeux des hommes constitue une redoutable pré-